Le spectre d'un nouveau conflit plane sur Alma

Les Métallos inflexibles sur le fonds de pension

Le spectre d'un nouveau conflit de travail plane... ((Archives Le Quotidien))

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Le spectre d'un nouveau conflit de travail plane sur l'usine Rio Tinto Alcan d'Alma.

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Le spectre d'un nouveau conflit de travail plane sur l'usine Rio Tinto Alcan d'Alma.

Le syndicat des Métallos affirme en effet qu'il sera intraitable lors des négociations entourant le fonds de pension de ses membres, lequel doit être reconduit au terme de l'année en cours. «Ce n'est pas ce qu'on souhaite mais, un enjeu crucial, ça mérite qu'on se batte jusqu'au bout. Et le fonds de pension est un enjeu crucial.»

En entrevue, le président de l'unité locale de l'usine Alma, Alexandre Fréchette, n'exclut pas la possibilité d'un affrontement musclé avec la partie patronale. En 2012, RTA a tenu ses travailleurs almatois en lock-out pendant six mois. Cette fois-ci, dit-il, c'est l'ensemble des usines d'électrolyse du Saguenay- Lac-Saint-Jean qui sont sujettes à une telle mesure puisque toutes les accréditations syndicales doivent s'entendre avec l'employeur sur la question du fonds de pension.

Dans un mémoire déposé mardi, dans le cadre du Sommet économique du Saguenay-Lac-Saint-Jean, les Métallos demandent au gouvernement du Québec de revoir les clauses qui lient Hydro-Québec à RTA. En 2012, la société d'État a été contrainte d'acquérir les surplus énergétiques de la compagnie. La somme versée à RTA pendant le conflit s'élève à quelque 148 millions$, répète Alexandre Fréchette.

«Ces sommes ont été dépensées en pure perte par la société d'État qui n'éprouvait pas de besoins énergétiques, signe-t-il. L'opération s'est avérée rentable pour RTA puisque le coût de fabrication de cette électricité est inférieur à son prix de vente à Hydro-Québec. Supposant que le coût de production oscille autour de 1¢ le kWh, selon nos informations, cela signifierait que le prix de vente à Hydro-Québec serait plus de quatre fois supérieur, en postulant qu'il s'agit du tarif L. Bien que nous n'ayons pas les chiffres précis, tout indique que RTA a réalisé un important profit sur la vente de ses surplus d'électricité.»

un milliard$ d'électricité

Un lock-out déclenché dans toutes les installations de la région forcerait Hydro-Québec à acheter de RTA l'équivalent d'un milliard$ en électricité, soutiennent les Métallos dans leur mémoire.

«Le problème constaté en 2012 n'est toujours pas réglé. Ainsi, il est toujours possible pour RTA de financer un conflit de travail, que ce soit une grève ou un lockout, en vendant de l'électricité à Hydro-Québec, qui serait obligée de l'acheter, peu importe qu'elle en ait besoin ou pas. Or, la plupart des unités d'accréditations de Rio Tinto Alcan verront leurs contrats de travail échus au 31 décembre 2015. C'est donc dire que les sections locales obtiendront alors le droit de grève, et l'employeur, celui de lockout. Le spectre d'un conflit de travail n'est malheureusement pas écarté», réitère le syndicat almatois.

Interrogé quant aux craintes véhiculées par les Métallos, le chef des opérations de la division Métal primaire pour l'Amérique du Nord, Étienne Jacques, a simplement rappelé que toute la région doit travailler avec en tête le même objectif, soit celui du développement économique.

«Ce genre d'appel-là ne va pas dans le sens de ce que nous proposons. On a besoin d'un meilleur alignement de tous pour rendre la région attirante. Nous nous sommes toujours entendus, à 95% du temps. Notre intention est de nous entendre et nous sommes positifs dans cette démarche»

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