Audiences du BAPE sur le projet d'Arianne Phosphate

Le transport du minerai inquiète

Le transport du minérai du Lac à Paul... ((Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque))

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Le transport du minérai du Lac à Paul jusque sur les rives du Saguenay risque de constituer le talon d'achille de la minière Arianne Phosphate dans le cadre de l'enquête du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) qui s'est amorcé hier soir à l'Hôtel La Saguenéenne.

(Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Denis Villeneuve
Le Quotidien

Le transport du minérai du Lac à Paul jusque sur les rives du Saguenay risque de constituer le talon d'achille de la minière Arianne Phosphate dans le cadre de l'enquête du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) qui s'est amorcé hier soir à l'Hôtel La Saguenéenne.

Plus de 200 citoyens et représentants d'organismes divers se sont présentés devant la présidente Anne-Marie Parent et le commissaire Jacques Locat pour assister à la première partie du processus d'évaluation environnementale qui permettait aux citoyens de poser des questions sur tous les aspects du projet.

Après les présentations d'usage, une dizaine d'organismes, dont Arianne Phosphate elle-même, ont présenté succintement les motifs les ayant motivés à demander des audiences publiques. Déjà le ton était donné. Outre les grandes considérations environnementales habituelles liées à la protection de l'eau, la faune, l'air, plusieurs ont mis en doute la viabilité économique du projet d'exploitation d'apatite dans le contexte mondial de baisse du prix du minérai.

Toutefois, le sujet de préoccupation principal est assurément les scénarios étudiés par la minière pour assurer le transport de trois millions de tonnes de minérai par année à partir du Lac-à-Paul en empruntant les routes forestières, les tracés utilisés, les façons de protéger la qualité de vie des villégiateurs.

Parmi les requérants, Josée Vermette, du Collectif de l'Anse-à-Pelletier, formé de 18 propriétaires a fait savoir aux commissaires que ses membres allaient faire prévaloir 18 sujets de préoccupation liés au volet transport, à la qualité de vie et la santé des citoyens, l'inclusion d'une stratégie maritime globale et terrestre, au scindement du projet entre son volet minier et de transport maritime, les risques d'explosion en cas d'accident avec un camion hors norme alimenté au gaz naturel liquéfié etc. «Nous craignons que le projet crée un précédent en autorisant que chaque promoteur à présenter un projet d'infrastructures sur une base individuelle sans inclure les autres aspects, ce qui constitue une façon de nous placer devant le fait accompli», a indiqué Mme Vermette.

La première partie des audiences a permis à Arianne Phosphate de déposer une dizaine d'études jusque là confidentielles portant, entre autres, sur les scénarios de transport du minérai envisagés.

Parmi eux, Jean-Sébastien David, vice-président aux opérations et Éric Arsenault, président, ont révélé que la construction d'une voie ferrée à partir du Lac-à-Paul jusqu'au Saguenay sur une distance de 250 km aurait nécessité un investissement de 750 M, selon l'étude préliminaire réalisée. «Construire une voie ferrée pour transporter trois millions de tonnes de minérai n'est pas justifié au plan économique. Il faudrait la présence de cinq ou six minières comme nous dans le secteur. Pour faire un comparable, les mines de Fermont avec un seul chemin de fer permettent de transporter 24 millions de tonnes de minérai par année», a indiqué M. David.

Le sujet a suscité la curiosité de la commissaire Parent qui a interrogé le ministère des Transports concernant la présence ou non d'un plan de transport ferroviaire dans le cadre du plan nord.

Forestville

L'autre scénario discuté concerne le transport vers Forestville qui aurait augmenté la distance sur 325 km. Les représentants d'Arianne ont mentionné que cette option nécessitaire le passage par Labrieville, l'utilisation de la route 385 qui aurait dû être désasphaltée sur une section, le passage de camions hors-normes et normés près de quatiers résidentiels, mais surtout la construction d'une jetée de trois kilomètres sur les berges du fleuxe Saint-Laurent pour atteindre des profondeurs requises, un scénario qui a rapidement été écarté en raisons des contraintes environnementales importantes.

Chose certaine, le projet suscite l'intérêt parmi le publis puisque malgré l'heure tardive, 36 citoyens se sont inscrits pour la période de questions.

Le début de période de questions par les premiers intervenants a révélé que les préoccupations économiques ont pris le dessus avec l'embauche des travailleurs de l'ex-scierie Saint-Fulgence soulevées par l'ex-président syndical Martin Morissette, l'octroi de contrats à des firmes locales par le président de la Chambre de commerce, François Gagné.

La période de question se poursuit aujourd'hui.

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