Virage nécessaire de l'industrie forestière

Les gouvernements doivent donner un coup de pouce

Du côté de l'APFC qui a un regard... (Photo d'archives, Le Quotidien)

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Du côté de l'APFC qui a un regard mondial sur l'industrie, le marché de la pâte commerciale comme celle produite à Saint-Félicien constitue une avenue intéressante.

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L'industrie forestière canadienne doit négocier un important virage qui lui permettra de faire la transition entre le monde du papier journal et les nouveaux produits. L'accompagnement des gouvernements fédéral et provincial constitue le premier critère de réussite de ce tournant qui devrait permettre de positionner ce secteur économique pour l'avenir.

Il s'agit des avis partagés par l'économiste du Conseil de l'industrie forestière du Québec (CIFQ), Michel Vincent, et son vis-à-vis de L'Association des produits forestiers du Canada (APFC), Jean-François Larue. Les économistes rejoignent sur ce point les conclusions du rapport du professeur Robert Beauregard dans le cadre du suivi du Rendez-vous national de la forêt québécoise qui insiste sur la période charnière dans laquelle l'industrie navigue en ce moment.

« Nous avons regardé les deux derniers budgets et les gouvernements en font déjà pour l'industrie. Mais ça devra être plus si on veut réussir », reprend Jean-François Larue dans le cadre d'une rencontre éditoriale tenue au Quotidien.

Il s'agit d'un accompagnement qui doit se concrétiser par des programmes de soutien financiers avec l'obligation, pour l'industrie, d'investir, moyennant un engagement politique ferme pour la soutenir. Cette industrie, rappelons-le, représente 235 000 emplois à la grandeur du Canada dans des centaines de communautés situées dans les régions éloignées.

Dans un premier temps, les économistes réitèrent qu'il est impensable de projeter une industrie divisée entre le secteur du sciage et celles de résidus (copeaux, sciures et écorces) qui peuvent entrer dans la fabrication de pâte chimique ou de combustible. Il y a en ce moment deux orientations qui pourraient permettre d'entreprendre ce virage.

Dans son rapport, le professeur Beauregard insistait sur la construction de deux ou trois usines chimiques dans les régions du Québec comparables à celle de Saint-Félicien de Résolu. L'autre volet, plus économique, consiste à évaluer tout le volet de production d'énergie avec les résidus de la forêt.

Selon le président du CIFQ, André Tremblay, le Plan nord constitue un levier: « Il serait assez facile de doter les scieries d'un complexe de production de granules de 100 000 tonnes métriques par année. On pourrait modifier l'alimentation en énergie (génératrices au diesel), dans les communautés du nord par la biomasse », insiste André Tremblay.

Même si le seul fait d'évoquer la transformation de copeaux d'épinettes noires en biomasse fait sursauter les spécialistes de l'industrie, André Tremblay croit qu'il faudra considérer cette solution pour aider l'industrie forestière à passer à travers cette période de transformation. Ce qui devrait lui permettre de se recentrer sur des activités qui vont permettre d'exploiter correctement les forêts avec des volumes qui rencontrent les paramètres économiques rentables.

bon débouché pour la pâte commerciale

Du côté de l'APFC qui a un regard mondial sur l'industrie, le marché de la pâte commerciale comme celle produite à Saint-Félicien constitue une avenue intéressante. La transformation des économies émergentes va provoquer une augmentation majeure de la demande de ce produit qui entre dans la fabrication d'une foule de matériaux. On parle d'un marché de 58 millions de tonnes métriques par année qui va connaître une croissance de 20 millions de tonnes métriques.

La contrainte majeure de ce marché que plusieurs pays tenteront de combler rapidement est celle des investissements. Une usine de pâte kraft qui est en fait une usine chimique nécessite des investissements de l'ordre de 1,5 G$. Il n'est pas surprenant que les associations d'entreprises réclament un soutien gouvernemental comme les pays scandinaves et d'Europe ont fait pour aider leur secteur forestier à se réorganiser.

L'autre défi pour le Québec est celui des usines de papier toujours en exploitation. Selon Michel Vincent, il doit y avoir une solution pour ces usines qui comprennent en général des machines à papier d'impression commerciale et des plans de pâte thermomécanique qu'il ne faut pas confondre avec la pâte Kraft. Pour le moment, ces usines permettent d'écouler les copeaux en provenance des scieries et leur disparition serait catastrophique pour l'industrie du sciage.

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