Pas de permis du MAPAQ pour La passion de Rubie

Le volet refuge menacé

Rubie Bergeron a permis, depuis trois ans, à... ((Photo Le Quotidien, René Bouchard))

Agrandir

Rubie Bergeron a permis, depuis trois ans, à quelque 1800 animaux abandonnés de se trouver une deuxième famille.

(Photo Le Quotidien, René Bouchard)

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Rubie Bergeron a permis, depuis trois ans, à quelque 1800 animaux abandonnés de se trouver une deuxième famille. La propriétaire de La passion de Rubie, un service de gardiennage et de toilettage pour chiens et chats situé à Alma, risque toutefois d'être bientôt légalement tenue d'arrêter le volet refuge de son commerce.

Un fonctionnaire du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ) a effectué une visite annuelle chez Rubie, à Alma, la semaine dernière. Il lui a indiqué qu'elle devait obtenir un permis du MAPAQ pour opérer son refuge. Or, elle ne peut avoir le permis du ministère si elle n'a pas auparavant le permis municipal. Et selon les lois en vigueur dans la municipalité, il est impossible d'opérer un refuge dans une résidence, comme c'est le cas chez Rubie.

«J'avais une sorte d'accord non-écrit avec la municipalité, mais pas de permis. Ils ne peuvent pas dire qu'ils ne savaient pas que je faisais adopter des chiens; mes vidéos sont partagées des centaines de fois sur Facebook.»

La page de La passion de Rubie est en effet extrêmement populaire. Certaines de ses vidéos ont été vues par plus de 45 000 personnes.

«Le dossier est à l'étude, confirme la responsable des communications à Alma, Audrey-Claude Gaudreault. Il n'y a pas encore eu de décision officielle. Il y a trois ans, Mme Bergeron a obtenu un certificat d'occupation pour du toilettage et du gardiennage. Il s'agit d'usages permis dans une résidence, et il n'est pas question de lui enlever ces droits.»

C'est plutôt le volet fourrière qui pose problème à la Ville. «L'aspect fourrière ne fait pas partie des choses autorisées. On ne peut utiliser une résidence comme fourrière. Nous avons eu des plaintes dans ce dossier à la municipalité.» Rubie Bergeron considère toutefois que son commerce constitue davantage un refuge qu'une fourrière, puisqu'elle n'a accueilli que trois animaux errants en trois ans. Une fourrière, selon la définition du Larousse, est un «lieu de dépôt des voitures, animaux et objets encombrants qui ont été découverts sans propriétaire sur la voie publique, ou qui ont été saisis.» Les animaux que reçoit Rubie sont apportés par un propriétaire qui n'en veut plus.

Trois parties indépendantes

La possibilité de zoner «agricole» le terrain du commerce de l'avenue du Pont nord à Delisle n'est pas non plus envisageable, même si celui-ci a déjà été zoné ainsi, selon Rubie Bergeron. «Même si c'était zoné agricole, la fourrière ne fait pas partie des usages reconnus», soutient Mme Gaudreault.

La résidence de Rubie Bergeron est divisée en trois parties indépendantes. L'une, récemment rénovée, est réservée pour les animaux à adopter et les animaux qui se font garder. L'autre est utilisée principalement pour le toilettage. La troisième partie fait office de résidence et seuls les animaux que possède Rubie peuvent y aller. Un grand terrain clôturé, sans voisin arrière, permet aux animaux de prendre l'air.

«Je ne peux pas arrêter»

Rubie Bergeron est donc hors d'elle. Chaque semaine, entre 10 et 20 animaux lui sont laissés par des propriétaires qui ne les veulent plus. Elle publie des vidéos sur Facebook et permet aux animaux d'avoir une deuxième famille. Elle ne fait euthanasier aucun animal. Elle les garde jusqu'à ce qu'une famille se manifeste. «Nos animaux sont tous vus par un vétérinaire. Ils sont vermifugés et on oblige la stérilisation. J'ai l'intention de continuer de fonctionner, d'aider ces animaux. Je ne peux pas arrêter. Il n'y a pas une nuit que je ne me réveille pas à 3h du matin pour aider un chien qui jappe. Si c'était des chiens que j'élève moi-même, ce serait légal. Là, parce qu'ils me sont donnés, ce n'est pas légal. Des gens viennent de partout au Québec pour adopter à Alma. Ce serait mieux qu'on fasse euthanasier ces animaux?», questionne, choquée, la jeune femme d'affaires.

Rubie Bergeron rencontrera une conseillère municipale cette semaine.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer