Les futures boîtes postales communautaires dérangent

Des citoyens sont révoltés

Alain Gilbert, un citoyen de la rue Dion,... ((Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque))

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Alain Gilbert, un citoyen de la rue Dion, à Arvida, dénonce les façons de faire de Postes Canada et croit que la boîte postale installée à quelques pieds de sa maison fera perdre de la valeur à sa résidence.

(Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Mélyssa Gagnon
Mélyssa Gagnon
Le Quotidien

Décidément, l'implantation de boîtes postales communautaires à Saguenay fait couler beaucoup d'encre. Le dossier continue de susciter l'ire de citoyens dont les propriétés ont été ciblées par Postes Canada.

À Arvida, Marie-Claude Lebel et son conjoint, Alain Gilbert, ont accueilli avec colère et stupéfaction la décision de la société d'État d'installer une boîte communautaire sur leur terrain au cours des prochains mois. En fait, la lisière identifiée par Postes Canada représente une servitude municipale, mais se trouve à moins de 15 pieds de la maison du couple, située sur la rue Dion. Marie-Claude Lebel et Alain Gilbert ont acheté leur maison il y a près de 30 ans et investissent année après année pour la maintenir et l'améliorer. Pour eux, l'installation de trois boîtes aux lettres abritant 48 cases équivaut à une véritable catastrophe. Ils appréhendent le pire: circulation accrue autour de leur domicile, augmentation du niveau de bruit, pollution visuelle causée par les rebuts laissés derrière par les utilisateurs et détérioration du terrain. Depuis la visite d'un représentant mandaté par Poste Canada le 3 mars dernier, Marie-Claude Lebel n'en démord pas. Elle veut tout mettre en oeuvre pour empêcher le projet de se réaliser et dénonce avec véhémence l'absence de consultation de la part de la direction de la société.

«On va devenir un bureau de poste local, accessible sept jours sur sept, 24 heures sur 24. On n'a pas été consultés du tout et on nous a simplement mis devant le fait accompli en nous donnant un pamphlet. On devient propriétaires parce qu'on veut avoir la paix. On se conforme aux normes de la Ville et on fait ce qu'on nous demande. Mais là, ça dépasse les bornes. Je suis une citoyenne qui paie des taxes et je n'ai pas à donner un service communautaire aux gens du quartier», tranche Marie-Claude Lebel, qui a communiqué avec le bureau du député du NPD Dany Morin, le service de l'urbanisme et le maire de Saguenay. Elle a également déposé une plainte à l'ombudsman de Postes Canada.

Incapable de dormir

L'avènement d'une boîte postale à quelques pieds de chez lui cause un stress énorme au conjoint de Mme Lebel, Alain Gilbert. Le couple a demandé l'avis d'un courtier immobilier et d'un évaluateur agréé pour connaître les impacts potentiels sur la valeur de sa propriété. Tous deux confirment qu'il y aura un impact puisqu'au moment de la vente, la présence de telles installations peut représenter un élément de négociation.

«Je suis inquiet. Je suis en train de me rendre malade avec ça. Ils ne nous donnent pas d'informations et tout est décidé d'avance. Ils arrivent chez vous et ils disent ''Bang! On opère''", déplore Alain Gilbert. L'intervention du conseiller de l'endroit, Bernard Noël, a été sollicitée, mais l'échevin n'a pas été en mesure de régler le dossier.

Marie-Claude Lebel aimerait que les citoyens mécontents des façons de faire de Postes Canada se regroupent pour établir un meilleur rapport de force, comme ce fut le cas dans la région de Montréal. Elle déplore le fait que les lois en vigueur font en sorte que les contribuables comme elle et son conjoint ont les mains liées.

«On nous a dit qu'étant donné qu'il s'agit de terrains de la Couronne, ils ont le droit de faire ce qu'ils veulent», dénonce la résidente du quartier Saint-Mathias.

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