Rapport Beauregard sur l'industrie forestière

Pas d'avenir sans changements

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Le ministre responsable des Forêts et de la Faune, Laurent Lessard, remettra dans les prochaines heures un rapport à la table des partenaires indiquant que l'industrie forestière québécoise est à la croisée des chemin.

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Le ministre responsable des Forêts et de la Faune, Laurent Lessard, remettra dans les prochaines heures un rapport à la table des partenaires indiquant que l'industrie forestière québécoise est à la croisée des chemins et que, sans action énergique, elle est condamnée à un lent déclin qui se traduira par la baisse des emplois, des exportations et une chute de la valeur ajoutée pour ce pilier économique du Québec.

Il s'agit du constat réalisé par le professeur Robert Beauregard de la faculté de génie forestier de l'Université Laval du Québec. Il invoque cette brutale conclusion dans le rapport intitulé Chantier sur la production des bois/Le volet économique de la stratégie d'aménagement durable des forêts.

Il s'agit du dernier rapport produit dans le suivi du Rendez-vous national de la forêt québécoise tenu à Saint-Félicien à l'automne 2013. Ces travaux doivent aider Québec à améliorer son régime forestier pour soutenir l'industrie.

« Le secteur forestier québécois est à la croisée des chemins. Il a subi ces dernières années des chocs économiques sans précédent. Dans ce contexte, nous avons le choix de nous résoudre à un lent déclin vers de moins en moins d'emplois, de moins en moins d'exportations, de moins en moins de création de valeur et de bénéfices économiques dans l'ensemble de la société ou alors nous pouvons réagir et nous donner une vision et les moyens pour renverser ces tendances », écrit le professeur.

Ce dernier croit qu'il est toutefois possible de renverser la vapeur et propose des objectifs ambitieux dans une industrie où les changements sont lents et nécessitent des capitaux importants. Il propose ainsi des actions à court, moyen et long terme pour relancer l'industrie.

Il propose donc au gouvernement d'accepter une plus grande souplesse dans l'octroi des volumes de bois aux usines de sciage de façon à créer d'ici trois ans 10 000 emplois de plus d'un milliard de dollars de valeur ajoutée. Cet électrochoc proviendrait des volumes qui n'ont pas été récoltés pendant la crise et de ceux provenant des forêts ravagées par les épidémies d'insectes.

« À moyen terme, d'ici 2031, je crois qu'il faut viser une croissance de 50 % de la valeur ajoutée, celleci passant à près de 10 milliards $ en dollars constants, ce qui devrait s'accompagner d'une hausse de l'ordre de 22 000 emplois. Cette croissance à moyen terme proviendrait principalement de la conversion de l'industrie forestière, principalement de son segment des papiers d'impression en déclin, qui serait converti dans les domaines du bioraffinage, des biomatériaux, de la chimie verte et de la bioénergie », reprend le professeur.

Cette orientation s'adresse avec beaucoup de justesse à la région qui ne compte plus que 4 machines à papier d'impression commerciale. Ces machines sont actuellement menacées de fermeture par la campagne de Greenpeace combinée à la baisse permanente de la demande de plus ou moins 10 % par année. La disparition de ces machines, au cours des prochaines années, va provoquer un déséquilibre dans l'offre de copeaux et risque d'entraîner la fermeture des scieries en première transformation.

Pour réussir cette transformation, selon ce qui se dégage du rapport, le gouvernement devra accepter d'accompagner l'industrie. Des investissements majeurs seront nécessaires pour la conversion du secteur du papier à celui du bioraffinage (production de pâte »). Québec se contente d'investir sur une base annuelle à peine 230 M$ pour financer les travaux de sylviculture traditionnelle sans aucune approche de sylviculture intensive.

Des constats majeurs se dégagent de ce rapport. L'économie forestière a perdu 30 % de sa valeur - ou 7 G$ - de 2004 à 2011, et il est impératif que diminuer le coût de la matière première pour permettre à l'industrie de financer sa propre transformation.

Le professeur a conclu en affirmant que d'autres pays comme l'Allemagne, la Finlande et la Norvège ont réussi cette transformation à une époque où les connaissances étaient moins développées qu'aujourd'hui.

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