Valérie tremblay avait élaboré un plan pour en finir

Raccrochée à la vie

Valérie Tremblay souffre de dépression chronique depuis 12... ((Courtoisie))

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Valérie Tremblay souffre de dépression chronique depuis 12 ans. La douleur était si grande qu'elle n'en pouvait plus. Sa petite puce de 5 ans, Mélia.

(Courtoisie)

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Mélyssa Gagnon
Mélyssa Gagnon
Le Quotidien

«Mon nom est Valérie Tremblay, j'ai 34 ans, je suis mère monoparentale d'une fillette de 5 ans, infirmière de formation et je vis avec la dépression chronique depuis plus de 12 ans. En décembre 2014, j'ai eu un choix à faire: vivre ou mourir. La souffrance était si forte, je n'en pouvais plus».

C'est avec cette prémisse que Valérie Tremblay a communiqué avec Le Quotidien. La jeune femme voulait faire la promotion d'une conférence qu'elle organise afin de financer son projet de documentaire. Car si Valérie avait fait le choix de mourir, elle souhaitait, dans un ultime effort pour s'accrocher, «faire quelque chose de créatif et d'estimable avec cette maladie».

«J'étais une fille anxieuse. À l'adolescence, j'ai commencé à sombrer. Je m'automutilais et j'écoutais de la musique sombre. J'avais la rage au coeur et cette rage était toujours dirigée envers moi. J'étais animée d'une énergie destructrice et des pensées négatives me traversaient constamment l'esprit. Je me disais "tu ne réussiras pas, tu ne vaux rien"», raconte Valérie, originaire de La Baie. Ces pensées ont pris le dessus sur son quotidien et sont devenues impossibles à réprimer. Encore aujourd'hui, Valérie peine à décrire l'ampleur du mal-être dont elle a été longtemps la proie. À 21 ans, son estime d'elle-même réduite à néant, Valérie a tenté d'en finir.

«J'avais un pied et demi dans la tombe», dit-elle en entrevue. Ce que Valérie raconte par la suite est très dur et elle relate les événements d'une voix chevrotante, le souffle court.

«Ma corde était prête au sous-sol. Mais avant, j'ai pris un cocktail de médicaments. Juste avant de descendre, j'ai vu ma mère assise dans le salon et, je ne sais pas pourquoi, je lui ai dit ce que je venais de faire», poursuit-elle.

Avec le recul, Valérie croit que son premier contact avec la dépression a eu lieu ce jour-là. Une relation trouble de trois ans, laquelle s'est soldée par le suicide de son conjoint, a été le comble.

«On ne pouvait pas vivre ensemble parce que c'était trop destructeur. Il m'a appelée un soir pour me dire qu'il n'en pouvait plus et qu'il passerait à l'acte le soir même. Je lui ai dit d'attendre et qu'on en reparlerait le lendemain. Il s'est enlevé la vie dans les heures qui ont suivi», poursuit Valérie, qui a vécu avec un sentiment de culpabilité pendant de nombreuses années. Une série d'actions autodestructrices et plusieurs périodes d'exil ont suivi.

«Je fuyais», dit-elle simplement.

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