Augmentation de la charge de travail

Les gestionnaires de ZECS affichent leur ras-le-bol

Henri Simard, président et Gilles Lemieux, vice-président du... ((Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque))

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Henri Simard, président et Gilles Lemieux, vice-président du Regroupement régional des zecs, espèrent rencontre le ministre des forêts Laurent Lessard pour faire part des difficultés de ces organismes de gestion de la faune.

(Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Denis Villeneuve
Le Quotidien

Face à l'alourdissement de leurs tâches et au manque de ressources, la centaine d'administrateurs des dix zones d'exploitation contrôlée (ZECS) que compte la région affichent leur ras-le-bol. Certains menacent même de remettre les clés des territoires à Québec.

Réunis en entrevue, Henri Simard, président du Regroupement régional des gestionnaires de zecs du Saguenay-Lac-Saint-Jean, et ses collègues, Gilles Lemieux, vice-président, et Denys Leduc, secrétaire-trésorier, soutiennent que pêcheurs et chasseurs sont en train d'atteindre un point de rupture puisqu'on assiste au retour progressif des anciens clubs privés tellement le manque de ressources financières pour l'entretien des infrastructures est flagrant.

Selon M. Simard, depuis une vingtaine d'années, les zecs, des organismes mandataires du gouvernement créés pour gérer la faune et permettre l'accès du territoire à la population, sont littéralement étouffées. Parmi les difficultés, M. Simard mentionne que 60% du budget des zecs est consacré à l'entretien du réseau routier. Les compagnies forestières entretiennent les chemins qu'elles utilisent pendant leurs opérations pour accéder à leurs secteurs de coupe. Le problème survient lorsque ces opérations prennent fin. Les zecs héritent alors d'un accroissement considérable du réseau routier, ce qui augmente les coûts annuels d'entretien. Il en résulte que des zecs délaissent l'entretien de certains secteurs de sorte que les routes deviennent impraticables.

La multiplication des nouvelles voies d'accès au territoire occasionne des difficultés à contrôler la fréquentation par les villégiateurs et à percevoir les droits d'accès. L'augmentation des patrouilles ne suffit pas à combler les pertes de revenus. «Sur la zec Onatchiway, on a des chemins de 75 ans qui sont utilisés par Valibois, Arbec, Scierie Girard, Résolu et Boisaco. Ces compagnies utilisent les chemins et les laissent dans un état exécrable», affirme M. Leduc. La situation s'est détériorée depuis la mise en place du nouveau régime forestier puisqu'une part de la ressource est accordée par le bureau de mise en marché des bois, de sorte que les entreprises ayant prélevé des volumes ne participent pas à l'entretien des routes.

Coupes

Un autre point de friction concerne le manque de support provenant des professionnels de la direction régionale de la gestion de la faune, une situation devenue critique, en raison des coupures de personnel subies, selon M. Leduc. Il en résulte que les professionnels encore en poste doivent remplir de multiples tâches et les zecs doivent attendre plus longtemps pour obtenir des avis. Des services qui étaient offerts ne le sont plus. Par exemple, la réduction du nombre d'agents de protection de la faune occasionne une baisse de la surveillance des zecs. «Une directive ministérielle a été émise au cours des dernières semaines indiquant que les employés du ministère doivent cesser de faire des heures supplémentaires, travailler durant les heures d'ouverture et ne pas participer aux rencontres tenues à l'extérieur de leurs bureaux», affirme M. Lemieux.

Selon le trio, l'attrait des zecs pour leur territoire giboyeux et poissonneux risque de diminuer puisque les ressources financières ne sont plus disponibles pour assurer le maintien ou l'amélioration de la qualité de pêche sur des lacs qui nécessitent la restauration ou la création de frayères ou de l'ensemencement.

Les problèmes de revenus des zecs sont accentués par le fait que Québec plafonne les tarifs qui peuvent être imposés aux utilisateurs. «Dans les pourvoiries, il est possible pour un pêcheur de séjourner pour 175 à 225$ par jour. Nous, on est limités dans les tarifs et réglementé. On est pris entre l'arbre et l'écorce, précise M. Simard.

Face à des dépenses qui vont en s'accroissant et des revenus en baisse constante, les dirigeants des zecs estiment qu'ils ont de plus en plus de difficulté à remplir leur mission. Le dernier coup porté est l'abolition du programme de mise en valeur des ressources du milieu forestier, appelé communément le volet 2. Selon M. Lemieux, sa disparition vient compromettre encore la capacité des zecs à entretenir les routes et à réaliser des projets structurants.

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