Gaby Néron fait don d'un rein à son fils

Un cadeau qui n'a pas de prix

Gaby Néron fait don d'un rein à son... ((Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque))

Agrandir

Gaby Néron fait don d'un rein à son fils.

(Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Denis Villeneuve
Le Quotidien

Parce que son fils Pierre-Yves, 28 ans, n'était pas doté d'une santé florissante, et ce, depuis son plus bas âge, son père Gaby Néron, un citoyen de Shipshaw, n'a pas hésité un moment à améliorer sa qualité de vie en lui faisant don, au début du mois de mars, de l'un de ses reins, un geste qui rapprochera à jamais les deux êtres.

M. Néron et son épouse Sylvie Allaire, parents de deux adultes, ont vécu des moments intenses dans les derniers mois puisque les deux membres du couple ont dû s'impliquer intensément dans une mission bien spéciale: celle de faire cadeau de l'un de leurs reins à leur fils dont l'état de santé nécessitait de la dialyse.

En entrevue, M. Néron et Mme Allaire expliquent que depuis l'âge de douze ans environ, leur fils présentait certains symptômes lorsqu'il contractait une grippe avec la présence de sang dans les urines. «Les examens médicaux n'avaient rien révélé à l'époque. Vers 16 ou 17 ans, il voulait aller dans l'Ouest. Je n'ai pas voulu le laisser partir parce qu'un problème avait été identifié. Il est allé étudier à Québec par la suite. Il s'est mis à faire de la haute pression à 24 ans. Ce n'était pas normal à cet âge», explique Mme Allaire.

Des examens plus poussés ont révélé que Pierre-Yves est atteint de la maladie de Berger, ou glomérulonéphrite, qui touche essentiellement les jeunes adultes. Elle peut également se développer chez les enfants ainsi que chez les adultes âgés. Les hommes sont plus souvent atteints que les femmes. La maladie de Berger, découverte en 1966, se manifeste par une diminution de la capacité rénale.

En avril 2014, le verdict tombe. Pierre-Yves effectue une visite chez ses parents et leur annonce qu'il aura besoin d'une transplantation de rein puisque les siens ne fonctionnent plus qu'à 13 % de leur capacité. Un voyage effectué en République tchèque et la contraction d'un virus viennent réduire encore la capacité rénale autour de 10 %.

C'est à ce moment que s'enclenche à l'Hôtel-Dieu de Québec et à l'Hôpital de Chicoutimi toute une série d'examens, tests, rencontres avec des néphrologues, médecins, psychiatres, travailleurs sociaux, psychologues afin d'établir un bilan de santé des parents afin de déterminer si leurs reins sont compatibles avec le corps de leur fils. Le beau côté du dossier de Pierre-Yves est que les reins des deux parents sont compatibles avec son corps. «Les examens génétiques ont démontré qu'il était préférable que ce soit moi qui donne un rein. Les possibilités de rejet sont moindres. Quand on m'a dit cela, la décision a été instantanée. Je n'ai jamais hésité et je n'ai eu aucune crainte», témoigne Néron.

L'opération effectuée le 2 mars dernier par arthroscopie dans le cas du père a été un succès. Il en va de même pour le receveur, Pierre-Yves, qui a témoigné via Skype. «Au point de vue humain, je n'aurais jamais pensé que j'allais me rendre là. Je m'étais rendu compte que j'aurais besoin d'une transplantation. Il était prévu que j'aurais une greffe. Mes parents m'ont fait part de leur désir de donner un rein même si je n'avais rien demandé. J'ai été très touché. Ce n'est pas tous les jours qu'on reçoit un cadeau comme ça». Aucun signe de rejet n'est apparu et Pierre-Yves devrait terminer sa convalescence dans deux ou trois mois.

À travers toute cette expérience avec le monde médical, le couple s'est dit très surpris de l'attitude du personnel autant à Chicoutimi qu'à Québec. «Tout était facile. Lors des rendez-vous, on était toujours attendu lorsqu'on arrivait à l'hôpital. Le soutien a été important et on a constaté le professionnalisme de tout le personnel. On nous recevait en nous témoignant qu'il s'agissait d'un beau geste, avec des attentions spéciales», affirme M. Néron.

Ce dernier conclut en affirmant qu'au plan humain, toute cette expérience lui permet maintenant de se sentir bien plus proche de son fils.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer