Déclaration sur les armes à feu

Les propos sèment l'indignation

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« Il faut se demander le genre de message que le premier ministre Harper veut lancer à la population», questionne le criminaliste Charles Cantin.

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Les plus récents propos du premier ministre canadien, Stephen Harper, sur l'utilisation des armes à feu ne soulèvent pas l'indignation uniquement chez ses rivaux politiques, mais aussi parmi les criminalistes.

Le chef du Parti conservateur du Canada y est allé d'une déclaration controversée alors qu'il était invité comme conférencier à l'Association des municipalités rurales de la Saskatchewan.

« La possession d'armes à feu, ce n'était pas juste pour la ferme », a dit M. Harper, en parlant de la région rurale d'où vient son épouse. « C'était aussi pour un certain degré de sécurité quand vous êtes loin de la police, d'une aide immédiate de la police », a-t-il poursuivi.

Ces propos n'ont pas soulevé des commentaires positifs auprès des avocats qui défendent pourtant des accusés qui ont pu se servir d'une arme à feu dans la perpétration d'un acte criminel.

« Il faut se demander le genre de message que le premier ministre Harper veut lancer à la population. En poussant notre réflexion, est-ce qu'on peut penser qu'une caissière pourrait avoir une arme à feu au cas où il y aurait un crime? », lance l'avocat en défense, Me Charles Cantin.

« Posséder une arme est le 2e amendement de la Constitution des États-Unis. Ça pouvait se comprendre au début de la colonie, alors que les fermiers notamment devaient se défendre, mais je n'arrive pas à comprendre que le premier ministre du Canada puisse faire un commentaire comme celui-là en 2015. C'est complètement absurde, surtout que le gros bon sens prône plutôt le contraire », note Me Cantin.

Son collègue Dominic Bouchard n'en revient pas d'entendre des propos de ce genre encore aujourd'hui.

« De la façon dont il le dit, ça peut en venir à créer deux régimes de défense des biens et meubles, alors que c'est prévu déjà dans le Code criminel. »

« Et ça risque de nous amener à avoir une défense pour les gens du milieu rural et une autre pour les citoyens du milieu urbain », poursuit Me Bouchard.

Ce dernier se demande même si cette sortie du chef du gouvernement n'est pas une occasion pour s'acheter des votes dans certaines provinces canadiennes en fonction de la prochaine élection fédérale.

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