Suspension de deux enseignants au Collège d'Alma

Les étudiants condamnent la décision

Plus d'une centaine d'étudiants du Collège d'Alma ont... ((Photo Le Quotidien, Gimmy Desbiens))

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Plus d'une centaine d'étudiants du Collège d'Alma ont manifesté en silence, hier, pour dénoncer la suspension de deux enseignants. Un geste qualifié d'abus de pouvoir par les jeunes.

(Photo Le Quotidien, Gimmy Desbiens)

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Laura Lévesque
Le Quotidien

Les étudiants du Collège d'Alma dénoncent la suspension de deux enseignants ordonnée par le directeur général, Bernard Côté, pour des motifs de «manque de loyauté». Quelque 120 jeunes ont marché en silence, la bouche couverte d'un ruban adhésif, dans les bureaux administratifs de l'établissement d'enseignement, en signe de support aux professeurs qui sont suspendus pour une période indéterminée. Les étudiants croient que la direction générale a voulu museler les enseignants qui ont dit tout haut ce que plusieurs pensent tout bas.

Plusieurs messages d'encouragement ont été apposés sur les portes des bureaux des deux enseignants, dont Éric Galarneau, qui siège également sur le conseil d'administration du collège. L'autre personne qui a été visée par Bernard Côté est Pierre-Luc Bouchard, un jeune enseignant du collège.

La direction générale refuse de commenter publiquement ces suspensions. Mais tout porte à croire que M. Côté n'aurait pas avalé certaines paroles lancées mercredi, lors d'une rencontre entre le personnel et la direction générale. Un des enseignants aurait remis en doute l'autorité morale du directeur général dans une intervention faite au micro.

Le Quotidien a tenté d'entrer en contact avec les représentants syndicaux du collège, mais ils préfèrent attendre quelques jours et consulter un juriste avant d'aller plus loin dans leurs commentaires. Plusieurs employés ont refusé de parler aux médias, par crainte de représailles.

La semaine de relâche vient de débuter au Collège d'Alma. Et si les étudiants ont lancé le bal des moyens de pression, le personnel devrait emboîter le pas au retour de la mi-session, selon diverses sources interrogées.

Le climat au collège, rappelons-le, est tendu depuis des mois. Les employés dénoncent notamment le mode de gestion centralisée privilégiée par la direction générale. Des décisions, dont la fermeture ou le transfert de programmes vers un autre cégep, ont également choqué les employés qui n'auraient pas été consultés. Plusieurs ont aussi jeté des doutes sur la procédure qui a mené au renouvellement du mandat du directeur général, à la fin de l'année 2014. Et le déficit cumulé du collège, qui l'oblige à présenter des plans de redressement au gouvernement, inquiète le personnel.

Les représentants syndicaux, appuyés par le Conseil central de la CSN, avaient demandé l'automne dernier l'intervention du ministre Yves Bolduc pour rétablir le principe de collégialité. Au ministère de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur, dirigé par le ministre François Blais, on a dit, la semaine dernière, suivre la situation de près.

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