La tournée Les Années bonheur à La Baie

Bain de nostalgie

Après les trois ténors, voici les trois idoles:... ((Photo Rocket Lavoie))

Agrandir

Après les trois ténors, voici les trois idoles: Renée Martel, Michel Louvain et Chantal Pary. Ils ont étrenné le spectacle Les Années bonheur hier, au Théâtre du Palais municipal de La Baie.

(Photo Rocket Lavoie)

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Daniel Coté
Le Quotidien

On fait grand cas des plaisirs coupables, mais qu'en est-il des plaisirs innocents? Bien qu'ils soient moins à la mode, plus de 1000 personnes n'ont pas hésité à se rendre au Théâtre du Palais municipal de La Baie, hier soir, à l'occasion du premier spectacle offert dans le cadre de la tournée Les Années bonheur.

Elles ont pris un bain de nostalgie en remontant loin dans le temps, jusqu'à l'époque glorieuse de la télé en noir et blanc, du Brylcreem et des voitures avec des ailerons surdimensionnés. La perspective de voir trois de leurs idoles, Michel Louvain, Renée Martel et Chantal Pary, était aussi irrésistible qu'un gâteau Boston chez Woolworth.

C'est en trio, sur une jolie version de Downtown, que les interprètes ont brisé la glace en compagnie de leurs cinq musiciens, ainsi que d'une choriste. On les sentait heureux d'être là, un bonheur partagé par la foule qui fut parcourue d'un immense frisson. Downtown ou Dans le temps, qui s'en soucie? L'important, c'était l'innocence retrouvée.

«Je sens qu'on va s'amuser. On va vivre ensemble nos années de bonheur», a lancé Michel Louvain avant de retraiter avec Renée Martel. Le moment était venu de revisiter le répertoire de Chantal Pary qui était aussi en forme, aussi enjouée, qu'à sa dernière présence dans la salle baieriveraine, aux côtés de Claude Barzotti.

Ma mélodie d'amour, Un homme, ça ne doit pas pleurer et Je croirai toujours en toi ont mis la table pour le medley formé de Mon enfant, Emmanuella et Mélanie, le moment fort de cette séquence où l'artiste a chanté avec force et assurance, égrenant quelques perles de sagesse au fil de ses présentations.

Le ton a changé dès l'apparition de Renée Martel, alors qu'elle a livré une version de Cowgirl dorée portée par des arrangements mi-pop, mi-country. La voix est plus fragile, mais qu'importe. La joie de la retrouver transcendait tout, surtout lorsqu'elle a repris Liverpool et Je vais à Londres, les pièces qui l'ont sortie de l'anonymat.

Juste avant, Renée Martel avait ému la salle en confiant que sa mère était en fin de vie. «J'ai de la difficulté avec ça et j'aimerais que vous ayez une pensée pour elle», a énoncé la chanteuse. On a pu mesurer l'empathie de ses fans lorsqu'ils l'ont accompagnée sur Un amour qui ne veut pas mourir, en particulier pendant la finale a cappella, à dominante féminine.

S'il restait une once de tristesse, elle s'est dissipée au cours du sympathique duo qu'elle a effectué avec Michel Louvain. Chose promise, chose due. Celui-ci a fait ses débuts dans le country et franchement, ce n'était pas vilain. De Mon enfant je te pardonne à Mille après mille, le vétéran n'a point démérité.

Surtout, lui et Renée Martel ont laissé filtrer une grande complicité. Ils se connaissent depuis des lunes et ça a paru à chaque fois qu'ils se tenaient la main et plus encore à la fin de cette séquence, alors que le chanteur a déposé un baiser sur le front de sa partenaire.

Il a ensuite amorcé son solo avec un classique d'Aznavour, l'idole des idoles, un For Me Formidable version Vegas, un peu beaucoup Rat Pack et très enlevé. C'était parti pour une autre incursion dans l'album de souvenirs, moment où l'auteur de ces lignes a dû quitter afin de respecter l'heure de tombée.

David Thibault

La nostalgie évoquée tantôt, c'est aussi Elvis qui, hier, a épousé les traits de David Thibault. Flanqué de deux excellents musiciens, le contrebassiste Manuel Brisebois et le guitariste Robert Lavoie, il a constitué une belle surprise pour le public et pas juste à cause de sa voix.

Les interprétations fleuraient bon le rockabilly, en effet, le King du Studio Sun, celui d'avant les films poches. Preuve en est la reprise de Baby, Let's Play House qui fut perlée de solos incisifs à la guitare électrique, donnant à voir un Elvis fantasque, ultra juvénile. De quoi donner le goût d'en entendre davantage.

Partager

À lire aussi

  • La nostalgie a encore son public

    Arts

    La nostalgie a encore son public

    Ce n'était pas un spectacle pour réinventer, mais bien pour se rappeler. Et la nostalgie a encore son public : près de 1400 personnes ont rempli la... »

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer