Pour garder les services d'un chercheur de pointe

L'UQAC a bonifié son régime de retraite

L'Université du Québec à Chicoutimi a créé en... ((Archives Le Quotidien))

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L'Université du Québec à Chicoutimi a créé en 2011, sans en informer le syndicat de professeurs, un Programme de retraite supplémentaire d'une valeur de 400 000$ afin de retenir les services du chercheur Massoud Farzaneh qui était courtisé par d'autres institutions en raison de ses compétences sur le givre atmosphérique.

(Archives Le Quotidien)

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L'Université du Québec à Chicoutimi a créé en 2011, sans en informer le syndicat de professeurs, un Programme de retraite supplémentaire d'une valeur de 400 000$ afin de retenir les services du chercheur Massoud Farzaneh qui était courtisé par d'autres institutions en raison de ses compétences sur le givre atmosphérique.

Cette histoire circule au sein d'un groupe très restreint depuis que la direction de l'université a consenti à cet avantage hors convention collective. L'affaire a malgré tout percolé au fil du temps et a été transmise au Quotidien. Le directeur du bureau des affaires publiques de l'UQAC, Jean Wauthier, est demeuré très prudent dans ses commentaires si ce n'est que l'université peut procéder à des ententes particulières avec des enseignants considérés comme des sommités dans leur domaine de recherche.

Au cours d'un premier entretien, Jean Wauthier a indiqué qu'il y avait au moins un cas d'entente particulière qui avait été soumis et accepté par le conseil d'administration alors que le recteur était Michel Belley. Il s'est toutefois ravisé quelques jours plus tard en fournissant une explication plus générale sur la possibilité, pour l'université, de conclure des ententes individuelles de façon à s'assurer la fidélité des «vedettes».

«Ce sont des informations confidentielles puisqu'elles concernent des individus», a insisté Jean Wauthier quand Le Quotidien a tenté de savoir si d'autres professeurs bénéficiaient d'un tel programme supplémentaire de retraite. Il a ajouté ne pas être informé de ces ententes puisqu'elles sont conclues entre les individus et la direction de l'UQAC.

D'après les informations obtenues d'une source très bien informée de cette situation, le capital du programme supplémentaire de retraite du chercheur a été constitué à partir des soldes de différents fonds de recherches obtenus au fil des ans par le laboratoire sur le givre atmosphérique. Tout indique que cette façon de faire n'avait rien d'illégal puisque l'argent ne provenait pas du budget de fonctionnement de l'université.

«Il y a des travaux de recherches qui sont réalisés avec des bourses provenant de la fondation et il y a aussi des projets qui sont conclus avec des partenaires privés pour de la recherche appliquée. Les montants sont alors accordés et il n'est pas rare qu'au terme de la recherche qui a été confiée à l'équipe du professeur, il reste des sommes qui n'ont pas été engagées. Dans ce domaine, on pense à Hydro-Québec qui a financé plusieurs projets», a ajouté notre informateur.

Ces montants résiduels ont été accumulés pendant un certain nombre d'années. En 2011, le chercheur a informé la direction de l'établissement du fait qu'il avait subi des préjudices financiers en acceptant de mener ses travaux de recherche dans la région alors que d'autres grandes universités s'intéressaient grandement au laboratoire.

«Le problème qui s'est posé n'était pas celui de la légalité ou non de poser un tel geste. Il est possible sur le plan fiscal de créer un tel programme pour dépasser le plafond normalement autorisé de 150 000$. Même si cette initiative était légale, il y a effectivement des questions qui se posaient quant à cette utilisation des balances de projets de recherche», reprend notre interlocuteur.

«Il enchaîne en affirmant que dans le cas de M. Farzaneh, l'université aurait très bien pu se défendre en indiquant qu'il était tout à fait justifié de poser un tel geste pour retenir le chercheur. Les budgets de recherche, poursuit-il, sont généralement encadrés et l'utilisation des fonds est précisée. C'est moins clair dans les sommes accordées de façon ponctuelle pour vérifier un problème dans le cadre de la recherche appliquée.

Quant au processus décisionnel qui a amené l'UQAC à donner le feu vert à la création de ce programme supplémentaire de retraite, notre source n'est pas en mesure de confirmer qu'il y a bien eu une décision au conseil d'administration. L'université refuse de son côté catégoriquement de confirmer ces renseignements qui découlent d'ententes personnelles. Le réseau de l'Université du Québec a créé un programme similaire pour les recteurs et vice-recteurs financé à même le budget de fonctionnement des établissements.

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