Apprendre à vivre avec la maladie

Un nouveau défi pour Hakim

Sans le nouveau protocole d'entente conclu avec la... ((Photo Mariane L. St-Gelais))

Agrandir

Sans le nouveau protocole d'entente conclu avec la ville de Saguenay, il n'aurait pas été possible de présenter le Festival international des Rythmes du Monde l'été prochain, affirme Robert Hakim.

(Photo Mariane L. St-Gelais)

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Sur le même thème

Daniel Coté
Le Quotidien

- «Quand ce n'est pas le Palais de justice, c'est l'hôpital.»

- «Lequel des deux a été le pire?»

-«Au Palais, je savais comment ça allait finir, mais pas à l'hôpital.»

Robert Hakim sourit à la fin de cet échange. Rencontré à son domicile de Chicoutimi-Nord, hier avant-midi, le promoteur revient d'un long voyage au bout de lui-même. Entré à l'hôpital de Chicoutimi le 7 janvier en raison d'une colite ulcéreuse, il en est sorti dimanche dernier après avoir subi une colostomie.

Son poids est passé de 340 à 260 livres, mais ce n'est pas ce qu'on remarque au premier chef. L'homme a bonne mine avec sa barbe blanche qui lui donne un air professoral. Dès qu'il se lève, toutefois, on réalise que sa canne ne constitue pas un objet décoratif. Le pas est lent, un peu hésitant.

«J'ai mal à la hanche, mais c'est un problème collatéral. Ça tient au fait que je suis resté couché pendant 50 jours. J'ai aussi mal au ventre et je suis parfois étourdi. La fatigue vient rapidement», fait observer le directeur général du Festival international des Rythmes du Monde.

L'autre changement qui étonne, même s'il s'agit d'un élément secondaire au plan médical, c'est la voix. Les yeux fermés, on ne reconnaît pas le Robert Hakim qui pouvait se montrer charmeur, ironique, autoritaire ou carrément baveux, parfois à l'intérieur d'une même conversation.

Ces temps-ci, il sonne comme un ampli dont on aurait enlevé les basses. Même si le propos est cohérent, que le regard demeure aussi allumé qu'aux beaux jours, chaque phrase draine une part de fragilité. «La voix ne va pas avec le corps», constate le principal intéressé en souriant à nouveau.

Remettre le corps en place

Robert Hakim se trouve dans la phase postopératoire d'un parcours du combattant dont la première manche a été jouée il y a trois ans. C'était à l'occasion d'un épisode de colite ulcéreuse qui, en apparence, ne fut que cela, un épisode. Ce qui ressemblait à un dossier classé est cependant réapparu en décembre.

«J'ai tout de suite su que c'était ça. Aucun spécialiste n'était disponible, cependant, et c'était souffrant parce que je n'avais pas de médicaments. C'est pour cette raison qu'à la fin du mois, j'ai dû quitter la salle avant la fin du spectacle d'Éric Lapointe présenté à Chicoutimi. C'était trop douloureux», raconte le promoteur.

À l'hôpital, on a diagnostiqué une inflammation sérieuse du côlon. Un premier traitement à la cortisone a échoué. Il semble que le corps résistait au produit. Puis, on a essayé le Remicade et ça n'a pas mieux fonctionné. Un TACO a alors montré l'acuité du problème, qui avait pris une ampleur insoupçonnée.

«Il y avait une fissure du côlon et comme ça peut entraîner la mort, on n'avait pas le choix d'opérer. Quatre jours plus tard, on a procédé à l'ablation complète et dans six mois, un an, je dois aller à Québec pour refaire ce qui a été défait. C'est à ça que je m'accroche psychologiquement. On va remettre le corps en place», anticipe Robert Hakim.

Optimiste de nature, c'est seulement avant d'entrer dans la salle d'opération que le patient a pris conscience de l'ampleur de l'enjeu. Lui qui avait tout du «control freak» a alors réalisé à quel point son état était précaire, à quel point tout lui échappait. «J'ai pensé à la mort», confie-t-il.

Un signal

Pendant son hospitalisation, Robert Hakim a été plongé dans un bain d'humanité dont faisaient partie ses proches, notamment sa conjointe Chantal Boivin, sa mère, son frère et son fils. «Il y a quand même du positif dans la maladie», laisse-t-il entendre.

L'océan de souffrance qui l'entourait l'a aussi interpellé. Voir des gens amputés d'un membre, d'autres qui souffrent ou qui s'éteignent entre les quatre murs d'une chambre anonyme, ramène brutalement à la précarité de la condition humaine. «En même temps, je lève mon chapeau au personnel. Les gens font de petits miracles tous les jours», affirme le promoteur.

Plusieurs fois, au cours de l'entrevue, il souligne que plus rien ne sera pareil en ce qui le concerne. Même quand ses forces seront revenues, même dans l'éventualité où la prochaine opération lui redonnerait plus de contrôle sur son corps, ce désir de marquer le coup ne fléchira pas, assure Robert Hakim.

«Il s'est passé quelque chose de profondément intérieur. La maladie est un signal et il faut que je l'assimile. À l'hôpital, j'ai compris des choses», avance-t-il. Ainsi, le promoteur en lui demeurera actif, puisque c'est gravé dans son ADN. La différence est qu'il déléguera davantage et se fera plus discret.

En attendant, sa convalescence l'autorise à travailler à la maison, surtout l'avant-midi, un moment où son niveau d'énergie est plus grand. Il se donne un mois pour redevenir pleinement fonctionnel, tout en reconnaissant que l'âme est aussi amochée que le corps, sinon davantage.

«La tête a de la misère», laisse échapper Robert Hakim à la fin de l'entrevue.

Dcote@lequotidien.com

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer