André Tremblay interpelle Québec

L'argent dort dans nos forêts

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Le président du CIFQ, André Tremblay, demande au gouvernement du Québec d'utiliser au maximum les possibilités de l'industrie forestière pour relancer l'économie du Québec.

(Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Le Conseil de l'industrie forestière du Québec (CIFQ) propose au gouvernement de devenir un levier de premier plan pour engager la relance économique dans les régions du Québec qui attendent toujours de profiter de la reprise de l'économie américaine.

Le président du CIFQ, André Tremblay, était de passage dans la région dans le cadre d'une tournée annuelle pour rencontrer les élus locaux et les industriels forestiers. Cette année, cette visite a lieu alors que l'avenir de la machine à papier numéro 9 de l'usine d'Alma est menacé par la campagne menée par Greenpeace contre la récolte forestière dans la forêt boréale québécoise.

Nonobstant ce problème de taille, le président du CIFQ juge qu'un jour ou l'autre, l'utilisation du bois sera au coeur de la grande lutte aux changements climatiques qui s'amorce un peu partout sur la terre. La fibre de bois, c'est déjà reconnu, constitue l'un des éléments ayant la moins grande empreinte écologique en matière de gaz à effet de serre. En plus de cette particularité que le béton ou le ciment sont loin de posséder, la récolte des vieilles forêts permet de créer des puits de captation de carbone en laissant la place pour la croissance des jeunes tiges.

« En ce moment, on cherche des projets pour relancer l'économie. Avec très peu d'argent, l'industrie forestière pourrait générer des rentrées d'argent considérables dans les coffres de l'État. Pour chaque mètre cube de bois récolté, le gouvernement récupère 60 $ en taxes et autres retombées économiques. C'est énorme si l'on considère que nous avons au Québec des millions de mètres cubes qui n'ont pas été récoltés pendant la crise », explique André Tremblay.

transformation

La première condition pour générer cette activité économique est de permettre la transformation du bois non récolté lors de la crise. En ce moment, la structure industrielle forestière tourne à seulement 70 % de sa capacité. Ce qui représente des ventes de 2,5 milliards de PMP dans un marché de 40 milliards de PMP. Le bois québécois pourrait donc gagner encore des parts de marché aux États-Unis. Ce qui se traduirait immédiatement par des emplois en forêt, en usine et dans les entreprises de soutien.

Aide en quatre points

Dans les incitatifs gouvernementaux, le CIFQ identifie principalement quatre volets qui permettraient de contrer les 15 à 20 % d'augmentation du prix de la fibre provoquée par le nouveau régime forestier. André Tremblay cible un programme pour les chemins forestiers basé sur celui de l'Ontario où les compagnies feraient leur part, ainsi que la création d'un programme permettant de moduler la tarification énergétique lorsque des entreprises réalisent des investissements importants. Le secteur de la forêt est le deuxième plus grand consommateur d'électricité au Québec.

Finalement, le ministère impose en début d'année une prime de 2 $ le mètre cube de bois de la garantie d'approvisionnement. Les entreprises doivent payer ce loyer spécial et ne sont pas créditées lorsqu'elles font les versements sur les redevances à la fin de l'année. Selon André Tremblay, il s'agit d'un montant global de 40 M$. Le CIFQ suggère que ce loyer soit crédité lors du paiement des redevances pour le bois récolté.

L'autre problème que le CIFQ aimerait voir éliminer est celui du prix plancher utilisé par le Bureau des mises en marché du bois. Pour le CIFQ, ce prix plancher trop élevé induit un déséquilibre dans le régime.

Le dernier volet est le plus important. Le conseil exige que la possibilité forestière ne subisse aucune réduction. Le Saguenay-Lac-Saint-Jean a une possibilité forestière de 5,5 millions de mètres cubes de bois soutenant encore 7500 emplois. Les industriels doivent avoir l'assurance de conserver cette possibilité pour planifier les investissements qui leur permettront de demeurer concurrentiels.

Malgré des réponses positives pour tous ces volets, l'industrie est en ce moment menacée par la campagne internationale de Greenpeace qui a déjà fait des victimes et risque d'en faire une autre cette semaine.

Sur ce point, André Tremblay espère que la mobilisation du milieu permettra de faire échouer cette campagne « basée sur des faussetés » alors que le Québec est la juridiction qui détient le plus de certifications forestières dans le monde.

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