Pas facile d'économiser sur l'épicerie

20% plus cher en deux ans

La journaliste Patricia Rainville a tenté la même... ((Photo Le Quotidien, Michel Tremblay))

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La journaliste Patricia Rainville a tenté la même exprérience qu'il y a deux ans. Pour les mêmes aliments, elle a dû débourser 13,67$ de plus.

(Photo Le Quotidien, Michel Tremblay)

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Patricia Rainville
Le Quotidien

C'était au printemps 2013. Le Progrès-Dimanche avait été invité par différents groupes communautaires à tenter l'expérience de l'insécurité alimentaire. La mise en situation était simple. Je devenais une mère célibataire d'un enfant de neuf ans, travaillant 40 heures par semaine au salaire minimum. Et je devais subvenir seule à mes besoins et à ceux de mon fils. Après avoir calculé mon salaire, les frais de logement, d'électricité, de téléphonie et du câble, de même que mon auto et toutes les dépenses qui s'y rattachent, on m'avait finalement alloué un montant de 70 $ par semaine pour l'épicerie. Pas un dollar de plus. Sinon, impossible de boucler mon budget. Deux ans plus tard, nous avons voulu savoir combien coûterait le même panier d'aliments, achetés dans le même supermarché et en tenant compte des rabais actuels. Voici le résultat.
Près de 20%. Voilà l'augmentation constatée. Pour le même panier. Pour les mêmes aliments. En seulement deux ans.

Mercredi, 10 h. Je regarde les circulaires. Comme il y a deux ans, je choisis le supermarché en fonction des rabais de la semaine. Sans grande surprise, je me dirige vers le même commerce que celui visité lors de la première expérience. Les prix y sont légèrement moins élevés. Armée de ma liste et de la photographie de mes achats d'il y a deux ans, je suis prête. J'achèterai les mêmes aliments en tenant toutefois compte des rabais.

Par exemple, si je m'étais procuré une boite de céréales d'une telle marque à l'époque, mais que ce sont les céréales d'une autre marque qui sont à prix réduit aujourd'hui, je vais privilégier le produit en réduction. Comme le ferait un consommateur qui doit respecter au sou près son budget.

J'ai également veillé à respecter les mêmes quantités achetées, que ce soit pour la viande ou pour les fruits et légumes.

Règle générale, j'ai opté pour les mêmes produits. Seuls les biscuits et le sac de pommes de terre ont changé de marque, question d'opter pour les produits moins dispendieux. Et, pour le même prix, j'ai pu avoir le double de yogourt.

Comme au printemps 2013, j'ai encore opté pour les marques maison en ce qui a trait aux légumes en conserve, au pain et à la bouteille de ketchup, qui était mon article imposé il y a deux ans.

13,67$ de plus

Si j'avais dû débourser 69,32$ en 2013, c'est une somme de 83,67$ que m'a coûté le même panier aujourd'hui. Une augmentation de près de 20%. En deux ans seulement.

Autre aspect à ne pas négliger, c'est le manque de variété de mon panier. Comme lors de la première expérience, je n'ai pas pu me permettre une quantité intéressante de fruits et de légumes. Je n'ai pas non plus de fromage. Je devrai également économiser mes tranches de pain et me priver à la fin de la semaine, afin que mon enfant puisse manger à sa faim.

Un point positif de cette seconde expérience? J'ai pu avoir le double de petits contenants de yogourt pour le même prix et un 10 livres de pommes de terre pour la même somme qu'un cinq livres. Mais, encore une fois, il fallait tenir compte des rabais de la semaine.

Évidemment, je n'ai pas acheté ni produits d'entretien ni produits hygiéniques. Et, comme il y a deux ans, j'ai dû dire adieu au vin et au café. Beaucoup trop dispendieux pour le budget qui m'était alloué.

Autres augmentations

Si les consommateurs doivent aujourd'hui débourser davantage pour leurs aliments, les autres factures mensuelles ont également augmenté. Le coût de l'électricité a grimpé en flèche, au cours des dernières années, et la majorité des locataires doivent s'attendre à des augmentations annuelles du prix de leur logement.

D'ailleurs, la Régie du logement estime qu'un locataire doit s'attendre, en 2015, à une hausse de 1% du coût de son loyer si son appartement est chauffé à l'électricité et de 1,8% s'il est chauffé au gaz. En 2014, les coûts du logement avaient augmenté de 2,8%, selon Statistique Canada.

Et le salaire minimum?

En 2013, le salaire minimum était de 10,15$ de l'heure. En mai prochain, il passera à 10,55$. C'est donc dire qu'en deux ans, les Québécois qui travaillent 40 heures par semaine ont vu leur chèque de paie augmenter de 16$ par semaine.

Les hausses de prix prévues pour 2015:

Viande : 3 % à 5 %

Poissons et fruits de mer : 3 % à 5 %

OEufs et produits laitiers : -1 % à 1 %

Grains : 0 % à 2 %

Fruits et noix : 1 % à 3 %

Légumes : 3 % à 5 %

Restaurants : 1 % à 3 %

Café

Les prix du café avaient déjà progressé de 50 % en 2014 en raison de la pire sécheresse en plusieurs décennies au Brésil. En 2015, les experts prévoient des hausses de 40% à 50%.

Viande

Le prix du boeuf a connu une hausse très importante au cours de la dernière année. L'augmentation se situe entre 12 % et 27 % en fonction des pièces de viande achetées.

Le prix du bacon a bondi de 25 % pendant que celui du jambon et des côtelettes de porc ont bondi de 18 %.

(Selon le rapport annuel de l'Université de Guelph sur les prix de la nourriture)

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