Selon Guy Parent, Ombudsman des vétérans

Le manque d'information constitue l'ennemi numéro 1

Guy Parent, Ombudsman des vétérans, a effectué une... ((Photo Le Quotidien, Michel Tremblay))

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Guy Parent, Ombudsman des vétérans, a effectué une visite des installations de la Base de Bagotville dans le cadre d'une tournée de l'Est du pays destinée à consulter ceux qu'il doit protéger.

(Photo Le Quotidien, Michel Tremblay)

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Denis Villeneuve
Le Quotidien

L'Ombudsman des vétérans, Guy Parent, estime que le manque d'information concernant les nombreux programmes destinés à ceux qui ont combattu pour l'honneur du Canada constitue l'ennemi no 1 pour leur bien-être et celui de leur famille.

De passage dans la région dans le cadre d'une tournée de l'Est du Canada, M. Parent a pu entendre les doléances d'une trentaine de vétérans qui ont répondu à l'invitation lancée pour connaître leurs besoins.

Lors de sa présentation, M. Parent a rappelé que le Bureau de l'ombudsman des vétérans veille à ce que ceux-ci, qu'Ils soient membres des Forces armées ou de la GRC soient traités avec respect, conformément à la Déclaration des droits des anciens combattants et reçoivent les services et avantages auxquels ils ont droit.

un million de personnes

Le Canada compte 600 000 vétérans, un chiffre qui grimpe à 1 million en incluant les membres de leur famille. Un total de 98 200 vétérans de la Deuxième Guerre mondiale a été dénombré. Dans la région, environ 200 vétérans sont toujours actifs.

M. Parent a expliqué que les cinq priorités de son bureau sont de voir à la sécurité financière des vétérans après l'âge de 65 ans, l'accès aux allocations prévues, l'équité du revenu pour les réservistes, un soutien accru pour les familles ainsi que le maintien du revenu entre la période de réadaptation des soldats blessés psychologiquement ou physiquement et leur réadaptation.

« La Défense nationale a reconnu il y a quatre ou cinq ans que les vétérans ont des familles. Lorsqu'ils reviennent d'une mission avec des blessures, qui s'occupent d'eux ? Pourquoi ne pas avoir de programmes pour les parents, les conjoints lorsqu'ils ont à s'occuper d'un militaire blessé? Pourquoi ces gens ne sont pas rémunérés lorsqu'ils en prennent soin? », a-t-il déclaré.

L'Ombudsman rappelle que depuis 2006, les vétérans sont protégés par la nouvelle charte des vétérans qui est venu modifier le régime de protection et qui a mis fin, entre autres, au régime de pension à vie qui créait une dépendance envers les chèques de l'État.

Difficultés d'accès

Lors de la période de questions posées par les vétérans, plusieurs ont dénoncé auprès de M. Parent les difficultés d'accès aux centres d'appels ainsi qu'aux gestionnaires de dossiers se trouvant souvent dans une autres province. Le non-accès aux prestations d'assurance-chômage pour des militaires libérés, de longs délais d'indemnisation, le manque de disponibilité de médecins à Bagotville ont figuré sur la liste de revendications.

En entrevue, M. Parent a dit constater que le plus grand ennemi des vétérans actuels est le manque de communication et d'information touchant les programmes axés sur leurs besoins.

À titre d'exemple, lors d'un voyage en avion, M. Parent dit avoir discuté avec un psychiatre qui traitait le cas d'un homme de 87 ans qui ne réussissait pas à dormir la nuit depuis 45 ans, soit le moment où il est revenu de la guerre de Corée. Après s'être informé et avoir effectué les démarches nécessaires, ce vétéran a eu droit à une compensation de 127 000 $.

Un défi

Un autre défi de l'ombudsman est de rendre moins complexe les démarches administratives pour obtenir les services auxquels ils ont droit.

« Après 35 ans dans les forces, tu te retrouves dans le monde civil. Tout à coup du jour au lendemain, tu te retrouves en transition dans un système très complexe. C'est encore pire pour des militaires qui ont subi des blessures visibles ou invisibles. Une des frustrations des militaires est que c'est à eux de prouver ces blessures. »

Un autre aspect, selon lui, est que les militaires en service sont des gens plutôt fiers et qu'ils ont souvent honte de faire état de leurs blessures, spécialement lorsqu'ils ont moins de dix ans d'ancienneté. Plusieurs préfèrent laisser passer ces dix ans.

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