Conférencière au Collège d'Alma

Peretz touche une corde sensible

Isabelle Peretz, professeure de psychologie à l'Université de... ((Archives La Presse, Hugo Sébastien Aubert))

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Isabelle Peretz, professeure de psychologie à l'Université de Montréal, spécialisée en neuropsychologie cognitive, a prononcé une conférence, hier, au Collège d'Alma, dans le cadre de la semaine Faites de la musique.

(Archives La Presse, Hugo Sébastien Aubert)

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Daniel Coté
Le Quotidien

Depuis le temps qu'on en parle, il était opportun qu'une personne faisant autorité au sein du monde scientifique le confirme. Oui, la musique favorise le développement cognitif des personnes qui en écoutent ou qui en jouent, a démontré Isabelle Peretz, hier, lors d'une conférence prononcée au Collège d'Alma.

Cet événement tenu dans le cadre de la semaine Faites de la musique, une initiative du Conseil régional de la culture (CRC), a attiré près de 70 personnes à l'heure du midi, à La Tourelle. L'invitée, qui est professeure de psychologie à l'Université de Montréal, spécialisée en neuropsychologie cognitive, a touché une corde sensible au sein de l'auditoire.

«Il y avait des professeurs dans la salle et ils étaient contents à la fin de la rencontre. Mme Peretz leur a fourni des arguments pour convaincre la direction du collège de maintenir et même augmenter les ressources destinées à la musique», a raconté Andrée-Anne Guay du CRC, à la faveur d'une entrevue accordée au Quotidien.

Le message livré par l'invitée est si pertinent qu'une deuxième conférence sera donnée aujourd'hui à 11 h 30, à la Salle polyvalente du Cégep de Jonquière. Tous ceux que la question intéresse sont les bienvenus, d'autant que l'entrée est gratuite.

Un rôle positif

Isabelle Peretz affirme que les recherches portant sur le lien entre la musique et le développement cognitif ont pris leur erre d'aller au cours des dix dernières années. Il est désormais établi qu'à tous les âges de la vie, on gagne à fréquenter la musique.

«Il ne s'agit pas d'un mythe. Les découvertes récentes le démontrent. C'est fondé sur des arguments scientifiques», a confié l'universitaire au Quotidien, quelques minutes après la conférence. Très tôt, l'écoute ou la pratique de la musique influe sur la sociabilité et la perception musicale. À partir de six ans, l'impact devient encore plus important.

Les activités scolaires de l'enfant sont affectées positivement, puisque la musique exerce un rôle positif sur la concentration et la discipline, indique l'invitée du CRC. Il ne faudrait pas croire, cependant, que les jeunes sont seuls à profiter de retombées substantielles.

«Si on a fait de la musique dans sa jeunesse, on en retirera un bénéfice même si on recommence après un délai de 30 ans», fait observer Isabelle Peretz. Elle ajoute que même les novices initiés sur le tard peuvent tirer profit de la musique, ce qui, en passant, comprend aussi le chant.

Loin d'adopter une vision utilitaire de la musique, l'universitaire affirme qu'en toutes circonstances, il faut privilégier la notion de plaisir. Elle-même respecte cette philosophie de vie, comme en témoigne sa décision de revenir à la pratique de la guitare.

«J'en avais fait avant et j'ai recommencé il y a 18 mois», souligne Isabelle Peretz, qui assimile la musique à une mine d'or. Sa fréquentation est tout bénéfice, comme disent les Français, d'où l'intérêt exprimé de plus en plus ouvertement par le monde de l'éducation.

Il y a de l'ouverture au Québec, entre autres, où les recherches sont vues d'un oeil bienveillant. «Nous sommes bien reçus. Les professeurs ne se sentent pas menacés par nos travaux», note l'universitaire. Elle regrette toutefois que le milieu de la santé demeure sur son quant-à-soi, une attitude à laquelle contribuerait la crainte ressentie par les musicothérapeutes.

Quand on lui demande quelle nouvelle piste elle aimerait emprunter, enfin, Isabelle Peretz invoque l'impact de la musique comparativement à celui du sport, en particulier à l'école. «Ce serait toutefois coûteux comme étude. Et ça ne pourrait pas se faire rapidement», avertit la neuropsychologue.

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