Sauver ou non l'église Notre-Dame-de-Fatima

Les citoyens sont partagés

Les citoyens ont pu se faire entendre hier... ((Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque))

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Les citoyens ont pu se faire entendre hier devant le Comité consultatif d'urbanisme de Saguenay, et bien que plusieurs aient réitéré que l'église Notre-Dame-de-Fatima ne doit pas être démolie, aucun n'a présenté un projet concret.

(Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Les citoyens ont pu se faire entendre hier devant le Comité consultatif d'urbanisme de Saguenay, et bien que plusieurs aient réitéré que l'église Notre-Dame-de-Fatima ne doit pas être démolie, aucun n'a présenté un projet concret.

Le comité devra maintenant se réunir, le 23 février, pour en venir à une recommandation quant au retrait ou non du statut patrimonial de l'église. Ensuite, le conseil de ville recevra la recommandation et procédera à une résolution. Le sort de l'église sera jeté le 2 mars.

Si le statut patrimonial est retiré à l'église jonquiéroise, elle passera sous le pic des démolisseurs, tel que le souhaite le promoteur, Construction ATF.

Les citoyens habitant près de l'église et ayant acheté des condos en pensant que le projet pour Fatima était ficelé sont en faveur de la démolition du bâtiment, selon les intervenants qui se sont présentés hier à la réunion tenue au Mont-Jacob.

En revanche, plusieurs citoyens de Saguenay ont aussi affirmé que cette église devait à tout prix demeurer debout et être rénovée en raison de ses qualités architecturales. Fatima est considérée comme un chef-d'oeuvre de l'architecture religieuse moderne. Au total, 31 interventions ont eu lieu hier. Les opinions étaient très partagées.

« C'est malheureusement une succession de rendez-vous manqués, a souligné le président du CCU, Marc Pettersen. La réunion a été instructive et nous avons pu connaître l'opinion de chacun. »

Roger Sarazin, qui a enseigné l'histoire de l'art pendant 30 ans au Cégep de Jonquière et fait visiter à de nombreuses reprises l'église Fatima à ses élèves, a affirmé que l'on a « piétiné » cette église au fil des ans. « Je me suis rendu compte que le promoteur actuel a dérogé à la Loi sur le patrimoine à de nombreuses reprises, entre autres en coupant des arbres et en défaisant le lien qui existait entre le presbytère et l'église. »

Le promoteur, Bernard Larouche, était absent de la réunion puisqu'il se trouve en Floride.

Selon les évaluations réalisées par des firmes indépendantes, remettre l'église en état coûterait 4,3 M$. En faire une salle communautaire coûterait 4,6 M$. La valeur à neuf de l'église serait de 14 M$.

« Personne n'a lancé une idée de projet qui pourrait être viable, a noté le citoyen Carl Bouchard, qui est voisin de l'église. C'est peut-être qu'il n'y en a pas! Je la vois s'effriter, elle est ''laitte''. La démolir coûterait combien? Dans le contexte économique difficile, mettre 4,5 M$, non merci. »

Sylvain Gagnon, qui a une formation en architecture, soutient pour sa part que Notre-Dame-de-Fatima est « le symbole par excellence de l'architecture moderne ». « Une fois qu'elle sera démolie, il sera trop tard pour lui trouver une vocation. Elle a une valeur patrimoniale unique. »

« C'est de la pollution visuelle, a quant à elle affirmé Hélène Dufour, qui est voisine du bâtiment. Il y a des morceaux de plâtre qui tombent, la pelouse n'est pas faite... Nos maisons perdent de la valeur. J'ai visité Paris en 2000, j'en ai vu des belles choses, et je ne pense pas que Saguenay va faire des visites guidées pour venir voir Fatima. »

Le promoteur a été égratigné à de multiples reprises, certains affirmant que « quiconque veut noyer son chien dit qu'il a la rage », en faisant allusion au fait que le bâtiment n'est plus chauffé ni éclairé depuis quelques années.

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