La dette du Québec

Un problème lié au discours néo-libéral

Sous le couvert de l'austérité budgétaire destinée à... ((Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque))

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Sous le couvert de l'austérité budgétaire destinée à enrayer le déficit, l'actuel gouvernement de Philippe Couillard poursuit exactement le travail entamé par son prédécesseur Jean Charest qui souhaitait faire une réingénierie de l'État en disant dégraisser la machine gouvernementale Robert Laplante, directeur général de l'IREC.

(Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Denis Villeneuve
Le Quotidien

Le problème de la dette nationale du Québec est forgé par le discours néo-libéral pour servir de prétexte à la réduction du rôle de l'État en sabrant dans les politiques sociales au profit du rendement et du capital privé.

De passage devant le Cercle de presse du Saguenay, Robert Laplante, directeur général de l'Institut de recherche en économie contemporaine (IREC), a livré une analyse bien différente du discours généralement transporté par les acteurs politiques depuis quelques décennies.

Selon lui, sous le couvert de l'austérité budgétaire destinée à enrayer le déficit, l'actuel gouvernement de Philippe Couillard poursuit exactement le travail entamé par son prédécesseur Jean Charest qui souhaitait faire une réingénierie de l'État en disant dégraisser la machine gouvernementale. « Le gouvernement Couillard a changé la méthode, mais pas l'objectif et il nous ramène dans le couloir idéologique qu'il faut réduire le rôle de l'État et les dépenses », affirme-t-il.

Problème de revenus

En analysant les chiffres provenant des gouvernements provincial et fédéral, M. Laplante soutient que le problème du gouvernement du Québec n'en est pas un de dépenses, mais plutôt de revenus. Deux facteurs l'expliquent, soit la réduction des impôts, qui privent l'État d'une croissance des revenus, et la réduction unilatérale des transferts fédéraux de péréquation, qui constitue un facteur de déstabilisation économique.

« Quand on examine le portrait de la part consolidée de ce qu'on paie en taxes et impôts, les recettes représentaient en 2000 un total de 49 % du PIB alors qu'en 2015, ils se situeront à 37,9 %. L'État a réduit de 4 % ses revenus. On paie moins d'impôt qu'il y a 15 ans. Si on avait maintenu la même structure d'imposition, ce serait 11,5 G$ de plus qui entreraient dans les coffres de l'État. Nous faisons face à un déficit planifié entretenu par une idéologie pour que les citoyens s'organisent sans l'État et qu'ils fassent affaire avec le secteur privé. »

En ce qui a trait au second facteur, soit la baisse des transferts fédéraux, M. Laplante rappelle que le Québec envoie à Ottawa 50 milliards $ par année en taxes et impôts. Entre 2009 et 2013, le Québec a vu ses transferts réduits de 6,5 G$ de la part du fédéral et ainsi contribué à augmenter les déficits du Québec. Ces transferts représentaient autrefois 25 % des recettes du Québec, une part qui représente maintenant 15 %. La différence sert maintenant à subventionner les interventions du Canada en Afghanistan ou ailleurs et à subventionner l'exploitation des sables bitumineux.

« Les déclarations de Philippe Couillard sur la péréquation attribuée au Québec sont une honte. Elles sont à l'effet qu'on devrait laisser souiller le fleuve Saint-Laurent par le pétrole. La péréquation n'est pas de la charité, mais une formule de redistribution de nos revenus. Et si on la divise per capita, le Québec arrive au huitième rang au Canada », mentionne-t-il.

M. Laplante a indiqué que la situation du Québec n'est pas près de changer puisque le gouvernement Couillard ne réclame rien au fédéral. Il ne faut pas croire, selon lui, que l'élection d'un gouvernement néo-démocrate à Ottawa y changerait quelque chose. « La minorisation électorale du Québec est commencée. Lorsqu'ils acceptent d'envoyer 50 G$ à Ottawa, les Québécois confient les arbitrages à une majorité qui n'a rien à faire de leur argumentation. Que ce soit le Parti libéral, le NPD ou les Conservateurs, ils vont faire des arbitrages en fonction de la majorité canadienne. Le PLQ est un inconditionnel du Canada. Il a choisi de s'aligner sur les choix de la majorité canadienne. »

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