Faillite de la scierie de Petit-Saguenay

Le syndic cherche un acquéreur

La scierie de Petit-Saguenay, relancée dans le cadre... ((Archives Le Quotidien))

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La scierie de Petit-Saguenay, relancée dans le cadre du projet d'économie sociale coopérative des travailleurs Voloribois, aura finalement englouti tout près de 1 M$ des fonds publics en plus de créances ordinaires totalisant 1,5 M$.

(Archives Le Quotidien)

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La scierie de Petit-Saguenay, relancée dans le cadre du projet d'économie sociale coopérative des travailleurs Voloribois, aura finalement englouti tout près de 1 M$ des fonds publics en plus de créances ordinaires totalisant 1,5 M$. Le syndic de faillite a mis en vente l'usine et les différents équipements, dont la valeur est estimée à 609 000 $ selon l'évaluation municipale.

La relance de cette scierie, qui ne figurait plus dans les plans de la papetière Résolu, était un défi difficile à relever en raison de sa fragilité financière, de la faiblesse de sa productivité et des problèmes de marché pour les usines qui transforment des essences de résineux et de feuillus. En quelques mois d'opération, la scierie a accumulé des créances de l'ordre de 2,6 M$ et n'était plus en mesure de rembourser ses dettes.

L'autre façon d'évaluer les pertes financières découlant de la relance est d'utiliser les volumes de bois transformés. Au total, selon les calculs du ministère, Valoribois a scié plus ou moins 25 000 mètres cubes de bois. Ce qui représente des pertes totalisant 80 $ pour chaque mètre cube de bois transformé.

Investissement Québec est le principal créancier garanti dans cette affaire. L'organisme a avancé jusqu'à 533 240 $ pour la relance de la scierie, avec un prêt additionnel pour traverser la dernière période électorale au Québec. Le Quotidien s'était buté à une fin de non-recevoir lorsqu'il a demandé à Investissement Québec de produire les analyses ayant conduit à l'acceptation du financement pour ce projet.

Plan d'affaire

Selon des informations que nous avons recueillies, le plan d'affaires de la relance de la scierie reposait sur une vision un peu déformée de la réalité technique de l'usine. Le facteur de production, qui constitue l'élément de base du calcul de rentabilité, a été mal évalué. La relance a ainsi été basée sur l'utilisation de 5,5 mètres cubes de bois pour la production de 1000 pieds-mesure de planche (PMP). Dans la réalité, la scierie de Petit-Saguenay n'a jamais été en mesure d'atteindre un tel niveau de rendement. Son facteur de production se situait beaucoup plus à un peu plus de 6,6 mètres cubes pour la production de 1000 PMP.

Il s'agit d'une différence majeure pour les résultats financiers. Un mètre cube de bois fait la différence entre des profits ou des pertes.

La faillite de la scierie de Petit-Saguenay fragilise encore plus l'économie locale. La Coopérative Quatre temps de L'Anse-Saint-Jean subira une perte financière de 165 000 $ à titre de créancier ordinaire et sera ainsi dans l'incapacité de récupérer le moindre montant. Une multitude de petits fournisseurs vont devoir faire une croix sur les comptes à recevoir de la scierie de Petit-Saguenay.

La scierie de Petit-Saguenay a été relancée en mai 2012. Elle a pris son envol sous le principe « d'une scierie pour sa forêt, une forêt pour sa scierie », faisant ainsi référence aux essences de conifères et feuillus de ce secteur de la région. Depuis la relance, la scierie a opéré moins d'une année.

Outre Investissement Québec, la Caisse d'économie solidaire Desjardins, la SADC du Fjord et le CLD du Fjord ainsi que la Fiducie Chantier Économie sociale (Québec, Ottawa, FTQ et CSN) détiennent des créances garanties importantes. Ces créanciers vont se partager les fruits de la vente de la scierie si le syndic parvient à obtenir un bon prix pour le terrain et les équipements.

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