Débat sur l'implantation du CISSS

On perd de vue l'essentiel

Président du conseil des médecins, dentistes et pharmaciens... ((Archives Le Quotidien))

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Président du conseil des médecins, dentistes et pharmaciens de l'hôpital de Chicoutimi, le Dr Fabien Simard se questionne sur l'intérêt de faire présentement un débat public sur l'emplacement du futur Centre intégré de santé et des services sociaux dans la région.

(Archives Le Quotidien)

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(Chicoutimi) Le président du conseil des médecins, dentistes et pharmaciens de l'hôpital de Chicoutimi, le gynécologue Fabien Simard, juge inapproprié de faire un débat public sur la structure du futur hôpital régional qui n'est pas encore définie, alors que le point central de cette réforme est de dispenser efficacement les soins sur l'ensemble du territoire régional.

Au cours d'une entrevue qu'il accordait hier au Quotidien en guise de réponse de l'hôpital régional à la campagne du Lac-Saint-Jean pour soutirer le siège social à Saguenay, le spécialiste s'est dit inquiet de la situation. Fabien Simard a vécu la crise des hôpitaux Chicoutimi-Jonquière qui a débuté par une confrontation administrative avant de dégénérer dans une grave et longue guerre entre les médecins sur le territoire de Saguenay.

« Nous avons reculé de 10 ans. Aujourd'hui, il y a d'excellentes relations avec une couverture par les spécialistes de Chicoutimi à Jonquière et c'est de cette façon que nous voyons les choses avec les autres hôpitaux de la région », insiste le médecin.

Pourtant, précise le président du CMDP, plusieurs rencontres ont eu lieu entre des représentants des hôpitaux de la région pour mettre en place des moyens pour mieux dispenser les soins dans les contraintes financières imposées par le gouvernement. Il n'avait jamais été question dans le cadre de ces rencontres de cette affaire de siège social. Il est encore surpris et surtout déçu que des gens aient pensé à discuter de cette question.

Les vrais enjeux

Le médecin est convaincu qu'en monopolisant le débat autour d'un siège social, la région oublie de mettre l'accent sur des éléments centraux de l'organisation des soins de santé sur le territoire. Il ne faudrait pas, selon Fabien Simard, que la région perde des acquis comme la désignation du centre universitaire que les hôpitaux du Lac-Saint-Jean n'ont toujours pas jugé nécessaire d'endosser malgré la résolution transmise au ministre de la Santé et des Services sociaux.

« C'est vrai que l'université est à Chicoutimi, mais la formation a permis que des médecins pratiquent dans les autres hôpitaux de la région. La désignation universitaire a une importance pour toute la région », insiste Fabien Simard.

Aimer la chicane

Il a soulevé, lors de cet entretien, un point particulier concernant le débat lancé par la demande du conseil d'administration de l'hôpital d'Alma d'établir le siège social du futur Centre intégré de santé et des services sociaux au Lac-Saint-Jean. La région est en ce moment le seul endroit au Québec où il y a une querelle pour l'obtention du siège social. La région de la Mauricie comprend deux pôles avec les villes de Shawinigan et Trois-Rivières. Trois-Rivières va recevoir le siège social du CIUSSS et Shawinigan n'a pas tenté de leur soutirer sous les pieds.

« C'est quand même évocateur que Trois-Rivières, dont la désignation universitaire est plus courte que nous l'obtienne, alors qu'à Chicoutimi, nous ne sommes pas assurés de l'avoir. C'est important pour toute la région la désignation universitaire. »

Fabien Simard lance le message à tous les intervenants pour mettre un terme à ce débat alors que, il le rappelle souvent, la future structure administrative des établissements n'est toujours pas connue. En ce moment, dit-il, les professionnels de la santé grattent les fonds de tiroir pour assurer des soins à la population et il n'y a pas d'énergie à perdre à débattre de cet enjeu.

Il a soulevé hier les coûts associés à un tel transfert du siège social qui seraient automatiquement soustraits au budget global des services de santé dans la région. Le médecin croit que ces ressources seront plus utiles pour financer des services directs à la population.

Il ressort de cette affaire que les administrateurs de l'hôpital de Chicoutimi ne sont pas rassurés par la tournure des événements puisque le premier ministre a déjà ouvert la porte à un éclatement des services administratifs, ce que les élus du Lac-Saint-Jean voient comme une ouverture pour faire du chemin.

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