Quels intérêts défendent les maires?

Le représentant régional de la FTQ, Jean-Marc Crevier, soutient que les régions... (Archives Gimmy Desbiens)

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Denis Villeneuve
Le Quotidien

Le représentant régional de la FTQ, Jean-Marc Crevier, soutient que les régions sont en train de se faire déculotter et il se demande à quels jeux se prêtent les maires et préfets pour défendre les intérêts de la région.

Au lendemain de l'adoption, par la Conférence régionale des élus (CRÉ), d'une position incitant les citoyens et organismes à joindre le mouvement «Touche pas à mes régions», sans qu'elle-même n'y adhère, M. Crevier avoue que c'est du bout des lèvres qu'il s'est rallié. «Il y a eu tout un débat autour de la table. On a fait le tour des régions qui ont adhéré au mouvement comme l'Abitibi, la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine. Dans chacune, ce n'est pas la CRÉ qui a piloté le dossier. En Gaspésie, ça a démarré avec le Regroupement des paysans», déclare M. Crevier.

Il ajoute que ce sont les décisions du gouvernement d'abolir de façon unilatérale la représentation des femmes, des jeunes et de la société civile ainsi que la réduction des budgets des CLD ou leur disparition pure et simple comme ce sera le cas pour les agences régionales de la santé qui ont donné naissance à «Touchez pas à mes régions». «On est en train de se faire déculotter et lorsque la CRÉ est sortie publiquement là-dessus, le ministre Pierre Moreau est venu dire aux maires et préfets que ce sont eux qui ont demandé l'abolition de la CRÉ. Mon évaluation est que dans le fond, ils sont super contents puisque ça va permettre aux préfets de récupérer des pouvoirs et des budgets. Ils sont à genoux devant le premier ministre et sont bien contents de ne pas être les mobilisateurs. Ils ne veulent pas se mettre à dos le premier ministre».

L'autre sujet qui préoccupe le syndicaliste est la représentation de la société civile au sein de la table de la future Conférence régionale des préfets. Selon lui, il est évident que Saguenay et le maire Jean Tremblay exerceront le poids qui leur revient dans la future structure en raison du fait qu'il représente 145 000 personnes, soit 60% des habitants de la région. «Le maire a dit qu'il n'y aura pas d'autres personnes que les préfets autour de la table. De toute façon il n'est pas capable de travailler avec personne. Il va arriver à la dernière demi-heure des réunions et va tenter de renverser les décisions des autres qui se sont réunies pendant deux ou trois heures.» M. Crevier prédit que Saguenay cherchera à obtenir 60% des budgets alloués à la Conférence des préfets au prorata de sa population. Ce sera le cas lorsqu'il sera temps de partager les surplus de près de 2 M$ provenant de la CRÉ.

Il conclut en disant espérer qu'avec la position qu'elle a adoptée, la CRÉ aura au moins la décence de promouvoir l'adhésion à «Touche pas à mes régions», en mettant en ligne un site visant à inciter les citoyens à y adhérer.«Si je ne vois pas d'informations apparaître provenant de la CRÉ, je n'hésiterai pas à les traiter de peureux». Il conclut en affirmant que la CRÉ a fait l'objet d'un grand mépris de la part du premier ministre Philippe Couillard qui n'a jamais daigné rencontrer ses représentants malgré quatre demandes en plus de ne pas avoir reçu d'accusés de réception.

Quant à la position du préfet Savard à l'effet que la FQM est la mieux placée pour défendre les intérêts des villes, M. Crevier affirme que la direction de la fédération a signé le pacte fiscal transitoire sans même consulter ses instances en coupant 300 M$ aux villes tout en favorisant Québec et Montréal.

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