Position du Conseil du patronat sur le développement des régions

Rétrograde, accuse Gaudreault

Une proposition du Conseil du patronat du Québec... ((Photo Gimmy Desbiens))

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Une proposition du Conseil du patronat du Québec (CPQ) prônant la réallocation des budgets alloués au maintien des municipalités dévitalisées au profit de la migration vers des milieux plus denses et plus diversifiés a soulevé la colère du député péquiste de Jonquière Sylvain Gaudreault.

(Photo Gimmy Desbiens)

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Johanne Saint-Pierre
Le Quotidien

(Chicoutimi) Une proposition du Conseil du patronat du Québec (CPQ) prônant la réallocation des budgets alloués au maintien des municipalités dévitalisées au profit de la migration vers des milieux plus denses et plus diversifiés a soulevé la colère du député péquiste de Jonquière Sylvain Gaudreault et de ses collègues des régions.

Porte-parole de l'opposition en matière d'environnement et de développement durable, le député Gaudreault a vivement dénoncé la position du CPQ (voir encadré) dans son mémoire présenté hier dans le cadre des auditions publiques portant sur la prochaine stratégie du gouvernement en matière de développement durable (SDD). « Tous les députés de tous les partis ont trouvé que ça n'avait pas de bon sens », affirme-t-il, ajoutant que plusieurs députés ont effectué une sortie dans leur région respective.

« C'est une vision rétrograde du développement des régions! », s'est insurgé Sylvain Gaudreault, qui estime que cette position de CPQ concernant l'occupation du territoire est l'antithèse du développement durable. « Utiliser les ressources, s'assurer que les gens habitent le territoire et qu'ils le développent, c'est du développement durable pour les générations futures. Tant qu'à ça, dans les projets miniers, on fera des allers-retours juste pour exploiter les ressources et on va tous aller vivre à Montréal », image-t-il.

Disposant de dix minutes pour commenter chaque document présenté à cette commission parlementaire, le député de Jonquière a fait savoir vivement sa façon de penser aux représentants du CPQ, le PDG Yves-Thomas Dorval, et la vice-présidente à la recherche et économiste en chef, Norma Kozhaya, qu'il perçoit comme des « radicaux contre le développement des régions ».

« C'est inadmissible! C'est une vision du 19e siècle, une vision économiciste. Sa théorie, si on l'applique au niveau international, on va aller fermer Haïti », donne pour exemple le député Gaudreault. Ce dernier rappelle que le Bureau de l'aménagement de l'Est-du-Québec (BAEQ) avait mis en place une thèse similaire du développement régional dans les années 60, ce qui avait mené à la fermeture de petits villages en Gaspésie. « Ç'a été abandonné parce que ça avait créé beaucoup de traumatisme. C'est une vision passéiste qui est déconnectée de la réalité des travailleurs et des gens qui vivent en région. »

Le ministre Gaudreault croit qu'il faut dénoncer publiquement la position du Conseil du patronat et souhaite une levée des boucliers. « Il faut que le CPQ se ravise parce qu'il est un lobby écouté au Québec. Il a de l'influence et ses membres sont proches du gouvernement. C'est important de voir de quel bois ils se chauffent, mais je leur demande de se ressaisir et d'admettre qu'ils se sont trompés. »

D'ailleurs, il aimerait bien que le grand patron du CPQ, M. Dorval, vienne découvrir ce qui se fait en région et qu'il vienne expliquer son point de vue aux gens des petites communautés du Saguenay et du Lac-Saint-Jean, ainsi qu'aux gens de l'Université du Québec, qui est l'un des fers de lance en matière de développement régional.

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