Maternité collective porcine

Des élus régionaux ont levé le nez

La région a manqué une opportunité, estime Jean... ((Photo Le Quotidien, Gimmy Desbiens))

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La région a manqué une opportunité, estime Jean Gaudreault, entrepreneur agricole d'Alma.

(Photo Le Quotidien, Gimmy Desbiens)

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Laura Lévesque
Le Quotidien

Le projet de maternité collective porcine de 50 millions$ piloté par la Coop Fédérée a échappé à la région, dénonce Jean Gaudreault, un entrepreneur et agriculteur bien connu au Lac-Saint-Jean. Près de 50 emplois directs seront créés au Témiscamingue, a récemment confirmé Olymel, propriété de la Coop , qui a finalement décidé de lancer son projet dans cette région.

Mais le Lac-Saint-Jean avait d'abord été approché en 2012, précise M. Gaudreault, également administrateur chez Nutrinor, coopérative membre de la Coop Fédérée. Et l'attitude de certains élus aurait nui au projet, selon ce dernier.

«Des élus de la région ont levé le nez sur ces investissements. La région a manqué ce beau rendez-vous. Et je dois avouer, ça me fait quelque chose. Je ne suis pas capable de me taire là dessus. Parce qu'on était très bien placé pour l'avoir. Mais il y en a qui ont répondu négativement et ils sont passés à d'autres régions», soupire M. Gaudreault, rappelant que l'éloignement de la région et sa faible densité de production porcine respectent les règles biosécuritaires.

Joint un peu plus tôt cette semaine, le directeur principal Production porcine chez Olymel, Étienne Hardy, confirme que le Lac-Saint-Jean a été pressenti pour recevoir une maternité collective. Une certaine méfiance a en effet été manifestée de la part d'élus, admet-il, du bout des lèvres.

«En 2012, nous avons contacté des élus par téléphone. Le projet n'a cependant jamais été présenté en personne, il faut le spécifier. Nous étions dans une phase exploratoire à ce moment-là. Il y a eu une belle ouverture de certains élus de votre région, mais il y a eu un peu de réticence en effet de la part du nord du Lac-Saint-Jean. Je dirais de la méfiance», concède M. Hardy, qui n'a pas voulu détailler ces réactions.

Au Témiscamingue, les élus se sont alliés rapidement, ce qui a encouragé Olymel à choisir cette région. Le projet prévoit la construction de cinq sites, à des endroits différents. Ces bâtiments abritent des truies qui approvisionnent en porcelets des fermes d'engraissement.

Préjugés

Les préjugés entourant l'industrie porcine demeurent tenaces, constate Jean Gaudreault, propriétaire de quelques entreprises agricoles, dont une spécialisée en production porcine. Mais l'Almatois insiste. Les pratiques ont beaucoup évolué au cours des deux dernières décennies.

«Il y a encore une mauvaise perception. Lorsque j'ai bâti en 2001, ç'a été très difficile. Les gens craignaient surtout les odeurs. C'est sûr qu'il y en a, mais lorsque tu respectes les normes, que tu bâtis assez loin, la cohabitation se passe bien», plaide M. Gaudreault, rappelant que le nombre de producteurs de porc dans la région se compte désormais sur les doigts d'une main.

Au Témiscamingue, où les élus se sont montrés enthousiastes, des citoyens se sont opposés au projet de maternité.

«La maternité se construit dans plusieurs villes (5 sites) et on a eu de l'opposition dans une seule d'entre elles. Mais on le sait, c'est controversé. On a cependant un projet de développement durable. Ça inclut un volet environnemental et on souhaite avoir une acceptabilité sociale», explique M. Hardy, rappelant cependant que le projet n'a pas besoin de l'aval du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE).

Ce dernier confirme par ailleurs qu'Olymel mijote d'autres projets avec des gens de la région. Jean Gaudreault espère que la région ne passera pas aux côtés de ces futures opportunités.

«Dans les 10 prochaines années, il y aura d'importants changements. On a peut-être manqué la première opportunité. Mais il va y en avoir d'autres et il faut se préparer», croit l'agriculteur, propriétaire notamment de Végétolab, un laboratoire de culture in vitro pour les petits fruits.

Llevesque@lequotidien.com

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