Prière à la mosquée

«Le prophète n'a pas besoin de ces sauvages»

Mustapha Elayoubi a prononcé l'homélie lors de la... ((Photo Michel Tremblay))

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Mustapha Elayoubi a prononcé l'homélie lors de la prière du vendredi à la mosquée de la rue Bégin à Chicoutimi. Il a insisté sur le «vivre ensemble» dans la communauté d'accueil auprès de la trentaine de fidèles qui participaient à l'événement.

(Photo Michel Tremblay)

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(Chicoutimi) Le bon mot doit servir pour répondre à la provocation, et l'espoir d'un monde meilleur doit primer sur la haine de l'autre pour ce qu'il est et surtout pour imposer sa foi autrement que par la force des armes.

Le message livré aux musulmans du Saguenay dans le cadre de la prière habituelle du vendredi était teinté d'humanisme et a fait une large place aux événements qui secouent la France depuis que deux djihadistes ont tué 12 personnes dans les locaux du Charlie Hebdo de Paris. Le président de l'association régionale des Musulmans, Mustapha Elayoubi, a autorisé les journalistes à assister à la prière de la mosquée de la rue Bégin.

Ce dernier, qui ne porte pas le titre d'imam, a été autorisé par ses frères à diriger cette prière et à prononcer l'homélie. Ce fut le moment pour ce dernier de revenir sur les bases du Coran qui sont loin d'appeler à la guerre et à la destruction en promettant de vivre pour l'éternité au paradis entouré de jeunes vierges. Les textes prônent plutôt le «vivre ensemble» partout sur la terre.

«Le prophète n'a besoin de personne pour le venger», a insisté Mustapha Elayoubi devant l'assemblée de fidèles. Il n'a surtout pas besoin des groupes de sauvages qui sont responsables de ce que l'on observe en France. Par contre, il est nécessaire de regarder les choses en face et de se demander pourquoi nous en sommes rendus là. Il a ajouté que les musulmans devaient retourner aux sources du Coran pour livrer un message autre que celui de l'exclusion et des sauvageries auxquelles nous assistons impuissants.

Pas coupables

Les musulmans n'ont pas plus à se sentir responsables de ces événements tragiques qui sont survenus au Canada il y a quelques mois et qui paralysent la France depuis deux jours. Mustapha Elayoubi a mi l'accent sur cet élément central: «Ce n'est pas notre religion qui a fait ça. C'est condamnable ce qui s'est passé au Québec et en France.»

Au lieu de se replier, les musulmans doivent progresser et avancer en créant des liens avec les autres groupes. Le prophète a créé une multitude de communautés de façon à ce que les musulmans vivent en communauté avec les autres et non dans une forme d'isolement.

Toute cette histoire française a débuté avec les publications de caricatures dans l'hebdomadaire satirique qui ont choqué certains musulmans. Dans son homélie, Mustapha Elayoubi a cité le Coran pour indiquer que la bonne réponse à ce genre de chose aurait été d'utiliser le «bon mot». C'est à dire des paroles qui auraient permis à la longue de faire ressortir le bien.

Lors du point de presse qui a suivi la prière, M. Elayoubi est revenu sur l'affaire des caricatures du Charlie Hebdo. Les sessions, qui visaient les extrémistes religieux, ont selon M. Elayoubi choqué certains musulmans. Nonobstant ce point de vue, il y avait toutes sortes de moyens d'y répondre autres que l'action posée contre le journal.

Mustapha Elayoubi a enchaîné en se portant à la défense de la liberté de presse qui constitue un élément de base de nos sociétés démocratiques.

Sur les événements survenus en France, il a surtout référé au mélange explosif de la politique et des religions avec en trame de fond des intérêts économiques. Sans entrer dans le détail des méandres de la politique française, il note que ce pays a tout de même laissé des jeunes s'envoler pour aller faire le djihad contre des régimes ennemis. Ces jeunes, de retour en France, vont visiblement poursuivre leur oeuvre d'agression.

Tout en donnant aux événements de la France toute l'importance qu'ils méritent, le président de l'association régionale croit que les musulmans qui choisissent de s'établir dans la région doivent tout mettre en oeuvre pour cohabiter en harmonie avec leur communauté d'accueil: «Quand nous quittons notre pays pour nous installer ailleurs, c'est que nous avons de l'espoir d'un monde meilleur. La vie a un sens quand il y a de l'espoir», a conclu l'enseignant.

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