À l'époque, il traquait les pétrolières

Giguère appelle à la vigilance

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L'ex-maire de Jonquière, Daniel Giguère, a livré une bataille de longue haleine il y a une quinzaine d'années pour faire baisser le prix de l'essence dans la région, comme le démontre cette photo prise au début des années 2000.

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Julien Renaud
Le Quotidien

(CHICOUTIMI) L'ex-maire de Jonquière, Daniel Giguère, implore les consommateurs d'essence de demeurer vigilants, de poser des questions et de faire connaître leur mécontentement afin de faire un contrepoids aux pétrolières qui bénéficient, selon lui, d'une grande latitude concernant leur marge de profits. De surcroît, il félicite les détaillants qui osent baisser leur prix.

Daniel Giguère a fait du prix de l'essence un de ses principaux chevaux de bataille lors de sa carrière en politique. Dans les années 1998 et 1999, il a été la bougie d'allumage d'un mouvement sans précédent afin que le prix soit revu à la baisse dans les régions de la province et que les détaillants cessent de réaliser un profit jugé "exagéré". À l'époque, plus de 500 municipalités avaient adopté des résolutions de motion d'appui, inspirées par l'initiative du conseil municipal de Jonquière. Ce combat avait même fait la manchette nationale.

«On avait réussi à ce que le Saguenay-Lac-Saint-Jean puisse avoir des prix plus bas en lien avec son rabais de taxes, qui a été établi pour compenser l'éloignement et pour aider les économies régionales. Le prix avait été rétabli, et cela a duré quelques années, alors que les détaillants et les pétrolières se sentaient surveillés», se rappelle-t-il avec fierté.

«On avait ainsi engendré un retour de quelques millions de dollars aux consommateurs par semaine. (À l'époque, la coalition avait calculé que chaque cent d'augmentation coûtait un million de dollars par semaine à l'économie régionale). Avant, c'étaient les détaillants qui empochaient ces millions. C'était bénéfique pour les consommateurs, les municipalités et les organismes. Toutefois, la pression s'est relâchée», a-t-il poursuivi, à la faveur d'un entretien avec Le Quotidien.

«Du même coup, on avait prouvé la latitude dans la fixation du prix, très arbitraire, qui ne se fait pas toujours dans le respect des consommateurs. On le voit avec les hausses en périodes stratégiques comme les vacances de la construction. La marge bénéficiaire devrait être de quatre à six cents/litre, alors que régulièrement, elle est de plus de 10 cents/litre. Avant tout, c'est une question de protection des consommateurs», ajoute-t-il, en pointant du doigt davantage les pétrolières que les détaillants, qui sont parfois «pris en otage».

Derniers jours

Interpellé par les événements des deniers jours, Daniel Giguère basculait de l'enthousiasme à l'inquiétude. «Je félicite le détaillant, de l'Ascension qui a décidé de prendre le parti des consommateurs, qui, eux, doivent demeurer vigilants pour remettre en question les marges déraisonnables», a-t-il commenté. «Mais ce qui m'inquiète, c'est de voir les détaillants qui sont prêts à sacrifier leur marge être l'objet de pressions. Pourquoi devraient-ils écouter les fournisseurs? De quoi ils se mêlent?» soulève M. Giguère, qui espère une surveillance accrue de la Régie de l'énergie et du Bureau de la concurrence.

«C'est dommage. Je ne veux pas dire que c'est un cartel et qu'il y a de la collusion, mais ce sont des indices qui peuvent nous amener à penser ça. C'est surtout dommage pour le consommateur de constater qu'il y a une force plus haut qui fait que même les détaillants sont mal à l'aise», a conclu celui qui avait initié un boycottage contre Petro-Canada en 1999.

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