- Mario Lacroix

«Je suis sans mots»

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Le caricaturiste du Quotidien, Mario Lacroix, s'est dit sans mots devant le sort subi par ses homologues européens.

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Julien Renaud
Le Quotidien

(Chicoutimi) Jusqu'où peuvent aller les caricaturistes? Cette question aux multiples réponses a été soulevée hier dans la foulée de l'attaque de l'hebdomadaire satirique parisien Charlie Hebdo, qui a fait au moins 12 morts, dont les dessinateurs du journal, Charb, Cabu, Wolinski et Tignous. Le caricaturiste du Quotidien, Mario Lacroix, a entrepris d'y répondre.

«Je suis sans mots devant un événement semblable, d'une grande tristesse. C'est inacceptable, déplorable et injustifiable», a commenté d'emblée M. Lacroix.

Symbole d'une presse libre et frondeuse, Charlie Hebdo a déjà été la cible ces dernières années de menaces et d'un incendie criminel après la publication de caricatures de Mahomet. En février 2006, l'hebdomadaire, comme plusieurs journaux européens, reprend 12 caricatures du fondateur de l'islam publiées par le quotidien danois Jyllands-Posten, au nom de la liberté de la presse.

«Ils ont toujours été à la limite. C'est un jeu dangereux. C'est embêtant de dire ça, car ça demeure l'oeuvre d'extrémistes, de gens qu'on ne peut contrôler. Et la liberté de la presse est sacrée», tempère celui qui fête ses 25 ans de carrière.

«Les images, c'est extrêmement fort. Il faut quand même être prudent. Ils étaient provocateurs, sur une piste de course, à pleine vitesse. Ça devient une grosse "game", et c'est dangereux, surtout dans une grande ville», estime Mario Lacroix.

Dans la région

Évidemment, «ce n'est pas la même "game" au niveau régional», met en relief le dessinateur.

«Je n'ai vécu rien de comparable dans la région. En tant que caricaturiste régional, on fait attention où on met les pieds aussi, pour ne pas aller trop loin, pour ne pas blesser l'amour-propre des politiciens et pour ne pas nuire. Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, on est en famille», partage M. Lacroix.

«Tout peut porter à l'interprétation», précise le caricaturiste, qui se rappelle d'un dessin en raison d'un tragique concours de circonstances lui avait valu de nombreuses critiques. «La veille de la tuerie de la Polytechnique, j'avais dessiné une infirmière qui tirait à la mitraillette sur un "poster" de Bourassa. Le sens avait été bouleversé, viré de bord», cite-t-il en exemple.

Certains sujets sont donc tabous: vie privée, religion, place des femmes, orientation sexuelle. «Il y a aujourd'hui beaucoup plus de limites qu'il y a 25 ans. Aujourd'hui, tu dessines un fusil à l'eau ou qui tire des bouches, et il n'y a pas de sang. Ç'a changé. Il faut être plus "politically correct". On calcule la portée et les interprétations possibles. Il ne faut pas aller trop loin, mais il faut aller quand même assez loin», conclut Mario Lacroix, qui est membre de l'Association canadienne des dessinateurs éditoriaux, qui garde informés les caricaturistes sur les agressions fréquentes que subissent leurs homologues autour du globe.

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