Devenu tétraplégique, un grand sportif renoue avec le monde des affaires

Marco Pilotto inspiré par son accident

Marco Pilotto a crée Produits innovations BBraver 2012.... ((Courtoisie))

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Marco Pilotto a crée Produits innovations BBraver 2012. On le voit avec sa fille Gabrielle, vice-présidente de l'entreprise. Avec sa propre expérience de personne handicapée, il propose un concept renouvelé des cerceaux propulseurs (photo de droite) permettant aux gens en fauteuil roulant de mieux se déplacer.

(Courtoisie)

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Laura Lévesque
Le Quotidien

(ALMA) En janvier 2004, la vie de Marco Pilotto bascule. Un banal accident de ski rend le grand sportif tétraplégique, le clouant à un fauteuil roulant pour le reste de sa vie. Mais cette épreuve a permis à l'ancien propriétaire d'une usine de planches à neige à Saint-Anne-de-Beaupré de renouer avec le monde des affaires.

Voyant les failles techniques des cerceaux propulseurs, c'est-à-dire l'équipement qui commande la roue du fauteuil roulant, il développe un nouveau concept en s'inspirant de son passé dans le domaine des sports de glisse. Appuyé par le Centre québécois de recherche et de développement de l'aluminium (CQRDA), situé à Saguenay, Marco Pilotto met sur pied en 2012 la société Produits innovations BBraver inc.

«Je suis tétraplégique, donc les mains paralysées aussi. J'étais donc voué à un fauteuil électrique. Mais je m'obstinais à avoir un fauteuil manuel pour être plus mobile et aller un peu partout. Le premier jour, on me donne une paire de gants et on m'assoit dans un fauteuil manuel. Tout de suite, je me suis dit que ça ne fonctionnait pas. C'était froid, peu confortable au toucher. Je trouvais ça archaïque. Surtout avec mon passé dans l'industrie du sport, où j'avais toujours eu des produits avec des matières souples et agréables. J'ai ensuite eu le flash. Je voulais retrouver le même genre de feeling avec mon fauteuil», raconte M. Pilotto.

Le CQRDA a versé deux aides financières totalisant 55 000$ pour soutenir le projet de Marco Pilotto. Le Centre des technologies de l'aluminium (CNRC) a également aidé l'homme d'affaires à développer son produit qui permet aux gens de se déplacer plus facilement en fauteuil roulant.

«La plupart du temps, l'ergonomie, l'assise ou l'efficacité de traction ou de propulsion sont limitées. Ce qui est pénible. On voit souvent des gens qui ont de la difficulté à rejoindre les mains courantes (cerceaux) ou qui se déplacent comme des escargots. Le cerceau que j'ai conçu permet une meilleure prise. On a aussi créé un système qui améliore l'ajustement et on en a fait aussi un item pratique pour les gens qui bougent l'hiver. On a recouvert notre produit d'un matériel qui est le même que celui qu'on utilise dans les semelles de chaussures ou les équipements de sports nautiques. Et il permet de créer un paquet de variétés d'adhérence», détaille celui qui a oeuvré pendant près de 20 ans dans l'industrie du sport.

Ce dernier prépare d'ailleurs la deuxième génération de son cerceau. Et selon lui, une personne assise dans un fauteuil roulant est la mieux placée pour améliorer cet équipement.

«Ce sont des ergothérapeutes, de bons penseurs, qui ne sont pas assis, mais debout, qui conseillent et donnent les équipements aux gens. Ils ont de bonnes intentions, mais ils ne vivent pas la situation. Si on leur donne un produit qui s'ajuste, qui a différents types de positionnement, de prises, ils vont mieux desservir leurs clients et en fin de compte, ils feront mieux leur travail. Parce que si on regarde aujourd'hui le choix de main courante, ce n'est pas terrible. Il n'y a pas beaucoup d'options offertes aux gens», estime M. Pilotto, créateur du produit qui se vend environ 500$ la paire.

Ce dernier a également voulu donner de la fierté aux gens qui doivent se déplacer en fauteuil en accordant une importance à l'esthétisme du produit, qui n'est pas sans rappeler les équipements sportifs. Et pour faire connaître la jeune entreprise, des personnalités, dont des athlètes à mobilité réduite, ont accepté de devenir des ambassadeurs de BBraver.

«Ce n'est pas parce que je suis en fauteuil que je vais rester à la maison. On voulait des porte-parole pour lancer ce message. La vie continue, les gens peuvent faire du sport, ils s'impliquent encore, découvrent d'autres passions», plaide M. Pilotto.

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