Le miraculé de Cascades

Les spécialistes ne pensaient pas qu'il allait survivre.... ((Photo Jeannot Lévesque))

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Les spécialistes ne pensaient pas qu'il allait survivre. Ils s'entendent maintenant pour dire que Luc Turcotte, brûlé à 90% de la surface de son corps lors d'un accident de travail, est un miraculé.

(Photo Jeannot Lévesque)

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(JONQUIÈRE) Les spécialistes ne pensaient pas qu'il allait survivre. Ils s'entendent maintenant pour dire que Luc Turcotte, brûlé à 90% de la surface de son corps lors d'un accident de travail, est un miraculé.

La vie de Luc Turcotte et de sa famille a basculé le 16 mars 2013. Il travaillait depuis neuf ans à l'usine Cascades de Jonquière, dans les pâtes et papiers, puis comme opérateur de bouilloire, lorsqu'il a été aspergé d'eau bouillante lors du bris d'une chaudière.

Il a subi des brûlures au deuxième degré profond et au troisième degré sur tout son corps, à l'exception du visage. Luc Turcotte a été maintenu deux mois dans le coma à l'Unité des grands brûlés à l'hôpital de l'Enfant-Jésus après l'accident.

De juillet à décembre, il est demeuré à Québec en réadaptation. Par la suite, il a pu retourner chez lui, à Hébertville. Depuis, il est suivi par le Centre de réadaptation en déficience physique de l'hôpital de Jonquière.

«Les spécialistes me l'ont dit plus tard, ils ne pensaient pas que j'allais survivre. On m'a dit que j'étais leur premier cas de grand brûlé à 90% qui a survécu», rapporte l'homme de 48 ans, rencontré par Le Progrès-Dimanche en compagnie de sa conjointe, Audrey Blackburn, à l'hôpital de Jonquière, après une dernière séance en réadaptation avant la période des Fêtes.

Mme Blackburn, coiffeuse, a tout mis en plan dès le lendemain de l'accident pour consacrer son temps à la convalescence de son conjoint. «Au début, on m'a dit qu'on allait passer au moins deux ou trois ans à Québec», indique-t-elle. Finalement, Luc Turcotte a dû demeurer 10 mois à Québec. «Ils m'appellent le miraculé, ajoute-t-il. Tout ça, c'est grâce à mon système immunitaire, m'ont dit les médecins.»

Après 16 opérations, et plusieurs greffes de peau, il n'a eu aucun rejet. Il a aussi reçu quatre greffes de peau synthétique fabriquée en laboratoire, une avancée scientifique étroitement suivie par les spécialistes.

Malgré sa bonne récupération, le processus n'en est pas moins demeuré douloureux. Les traitements se sont effectués en de nombreuses étapes en raison de la gravité des brûlures. Avant de débuter les greffes, il a même dû être enveloppé d'une peau de cadavre pour protéger sa chair, pour créer une barrière temporaire contre les infections.

Un moral d'acier

Luc Turcotte doit certainement une partie de sa guérison à son moral, qui semble aussi solide que son système immunitaire. «Peu après qu'on m'ait sorti du coma, je faisais des blagues avec le personnel, raconte celui qui précise avoir rapidement mis fin à un suivi psychologique. Le psychologue ne comprenait pas que je garde le moral!»

Pour passer à travers cette épreuve, il avance une étape à la fois.

«Peut-être que je pourrai retravailler un jour; je ne sais pas dans quoi. Peut-être aussi que je ne pourrai pas. Ce n'est pas grave, je ne me casse pas la tête avec ça.» Même si sa situation a toujours progressé en réadaptation, il gardera toute sa vie des séquelles de l'accident. Il a de la difficulté à se concentrer, se fatigue rapidement, sa peau demeure fragile, et il peut difficilement demeurer debout ou assis pendant un moment.

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