Une «rockstar» en tablier

Depuis juin, Éric Holler est le nouveau chef... (Photo Mariane L. St-Gelais)

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Depuis juin, Éric Holler est le nouveau chef cuisinier de la Soupe populaire de Chicoutimi.

Photo Mariane L. St-Gelais

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Julien Renaud
Le Quotidien

(Chicoutimi) De février à juin 2014, Éric Holler a bénéficié des services de la Soupe populaire de Chicoutimi après avoir perdu son emploi. Puis, au mois de juin, il a fait le saut de la table à manger à la cuisine, en devenant le nouveau chef de cet organisme qui vient en aide aux plus démunis. «Du jour au lendemain, je suis devenu leur Robin des bois», image-t-il.

Éric Holler, qui réside dans la région depuis maintenant 15 ans, dit être devenu une véritable «rockstar» lorsqu'il a enfilé le tablier. «Je me suis donné comme mission d'augmenter les portions et de servir des repas plus goûteux. Je me dis que le repas doit me plaire à moi. J'essaie de donner la totale. Souvent, il n'y a pas un mot qui se dit. C'est bon signe!», fait-il valoir.

Cuisinier dans une ancienne vie, comme il se plaît à le dire, M. Holler s'était juré de ne jamais remettre les pieds dans une cuisine. «J'ai travaillé comme cuisinier dans des hôtels. C'était un monde de fou», se rappelle-t-il.

Toutefois, il est désormais comme un poisson dans l'eau, et ses yeux s'illuminent lorsqu'il parle de son nouveau gagne-pain. «Je me suis vraiment réconcilié avec la cuisine, admet-il. La cuisine, c'est comme jouer de la musique. Quand tu as fini de manger, il ne reste plus rien. C'est à recommencer. C'est ça qui me donne mon ''thrill'' quotidien. Aussi, j'ai une liberté totale ici.»

La Soupe populaire de Chicoutimi sert environ de 60 à 100 personnes par repas, le midi, 365 jours par année. Éric Holler se lève chaque matin à 2h30, se met au travail vers 4h et quitte le boulot à midi après avoir nourri les bénéficiaires.

«Je reçois les dons de Moisson Saguenay-Lac-Saint-Jean. Ce n'est jamais pareil. Je ne fais donc pas de menu, et j'y vais au jour le jour. J'ai ça, alors je peux faire ça», témoigne le chef cuisinier, qui avait fait exception à la règle pour Noël en ayant demandé spécifiquement les ingrédients pour préparer une tourtière et de la dinde.

Bénévoles

En ce qui a trait au recrutement de bénévoles, la situation peut parfois être problématique, mais la Soupe populaire de Chicoutimi dispose néanmoins d'un bon noyau de bénévoles. «Des fois, j'ai trop de bénévoles; d'autres fois, il en manque. Ça m'en prend au moins deux ou trois, mais j'ai déjà vu qu'on était 15!», décrit le Montréalais, qui invite la population qui souhaite s'impliquer à entrer en contact avec lui.

Éric Holler souhaite aussi que sa clientèle soit quelque peu démystifiée. «Il y en a beaucoup là-dedans que c'est le seul repas de leur journée. C'est vraiment une sous-société. Ce sont des dépendants, des personnes âgées, des jeunes, des prostitués. J'ai pour mon dire que toutes les raisons sont bonnes pour venir bénéficier de nos services. Même les bénévoles, il y en a plusieurs qui sont des pauvres, des schizophrènes, des accidentés. Je dois tout surveiller, surtout pour l'hygiène», conclut-il.

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