L'abbé Marc-André Mercure, aumônier de l'Hôpital de Jonquière

L'écoute en cadeau à Noël

L'aumônier du CSSS de Jonquière, Marc-André Mercure, distribue... ((Photo Jeannot Lévesque))

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L'aumônier du CSSS de Jonquière, Marc-André Mercure, distribue des cadeaux qui n'ont pas de prix à Noël : une présence, de l'écoute et du temps.

(Photo Jeannot Lévesque)

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Mélyssa Gagnon
Mélyssa Gagnon
Le Quotidien

(Jonquière) Il n'est pas du genre à s'en vanter, mais l'abbé Marc-André Mercure pourrait facilement se targuer d'offrir les plus beaux cadeaux à Noël. Les présents qu'il distribue aux malades en milieu hospitalier ne s'emballent cependant pas dans du papier. Son écoute, sa présence et son temps sont des offrandes délicatement enveloppées par la douceur de l'âme.

Alors que les derniers jours de 2014 se défilent, on pardonnerait à l'aumônier de l'Hôpital de Jonquière d'afficher une mine un brin morose ou essoufflée. Au contraire, l'abbé Mercure, qui côtoie la maladie et la souffrance jour après jour depuis 22 ans, s'exprime avec une gestuelle déterminée. Son regard est lumineux, comme si la lorgnette qu'il pose sur son travail d'aumônier était recouverte d'une fine pellicule de positivisme. Le prêtre oeuvre auprès des patients hospitalisés, mais il intervient surtout en centre d'hébergement. La fin de vie est un passage avec lequel l'homme de foi est on ne peut plus familier.

«Comment ça se vit, Noël, quand on est souffrant? Je pense que pour plusieurs personnes en gériatrie, ça se vit dans la sérénité. Plusieurs d'entre elles ont franchi les cinq étapes du deuil. Ça commence par la demi-colère et ça se termine par l'acceptation. Je vois des gens qui sont zen, pour qui ça ne sert à rien de lutter contre l'inéluctable. Ils ne se plaignent jamais et je les admire pour ça», dit l'aumônier, avec philosophie.

Pour plusieurs patients en phase terminale et leurs familles, la révolte a fait place au même état de paix intérieure. Les Fêtes sont parfois le rassemblement de la dernière chance, l'ultime opportunité de se dire «je t'aime». Marc-André Mercure est le témoin quotidien du départ d'un patient pour «l'autre rive». Il se considère privilégié de pouvoir assister à autant de moments uniques.

«Je suis lié à beaucoup de monde avec qui j'ai un billet de saison pour tous les événements de la vie, qu'ils soient beaux ou tristes», image le religieux, qui s'implique dans la vie de ses malades et de leurs proches en célébrant des baptêmes ou en président des funérailles.

Le plus beau ministère

Originaire d'Hébertville-Station, Marc-André Mercure a enseigné la catéchèse pendant 12 ans au Séminaire de Chicoutimi. Des problèmes de santé l'ont forcé à s'exiler à Montréal pendant cinq ans, où il a pris tout le temps nécessaire pour guérir d'une profonde dépression. Son séjour prolongé entre les murs d'un établissement de santé destiné aux membres du clergé d'ici et d'ailleurs lui a permis de voir la vie et la maladie sous un angle nouveau. C'est donc sans hésitation qu'il a accepté la proposition de l'Évêque du Diocèse de Chicoutimi de devenir aumônier à Jonquière.

«Le fait d'avoir été confronté à ma propre souffrance a fait en sorte que je n'avais plus peur de celle des autres. Cette étape a été ma porte d'entrée vers le domaine de la santé», exprime celui dont la candeur, l'exubérance et l'humour mordant détonnent de l'image du prêtre traditionnel.

Marc-André Mercure a tôt fait de découvrir les secrets pour devenir un bon aumônier: savoir écouter et ne pas trop parler. Pour ce verbomoteur, le silence devient d'or le temps venu d'intervenir auprès des malades.

«Tout être humain a besoin d'être écouté et de s'exprimer. Les gens savent qu'ils peuvent se confier. J'ai la chance de pouvoir offrir un médicament spirituel. Il n'y a jamais d'effets secondaires indésirables», illustre-t-il.

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