Récupération de ses certificats

FSC Canada tend la main à Résolu

L'usine Kénogami de Résolu produit 40 000 tonnes... ((Archives))

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L'usine Kénogami de Résolu produit 40 000 tonnes métriques de papier qui servait à l'impression des circulaires publicitaires de Best Buy.

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(CHICOUTIMI) L'organisme Forest Stewardship Council du Canada (FSC Canada) tend la main à la papetière Résolu et au gouvernement du Québec en vue de permettre au géant du papier journal de récupérer ses certificats FSC sur les huit millions d'hectares en litige dans la forêt boréale.

Au cours d'une entrevue accordée au Progrès-Dimanche, le président de FSC Canada, l'ingénieur forestier François Dufresne, s'est dit disposé à faire les interventions nécessaires pour obtenir une «période de grâce» afin d'éviter la révocation de l'un des deux certificats qui pourrait survenir au début janvier.

Le second certificat, celui portant le nom Mistassini-Péribonka et qui a été suspendu en janvier dernier, est arrivé à échéance le 3 décembre et n'a pas fait l'objet d'une demande de recertification.

«Il n'est jamais trop tard et notre souhait est de tout mettre en oeuvre pour que Résolu parvienne à récupérer les certificats FSC. Je pourrais faire les démarches nécessaires auprès de l'organisme de certification Rainforest afin de leur demander de ne pas révoquer le certificat. Pour entreprendre cette démarche, nous devons recevoir un message très clair de Résolu que l'entreprise souhaite vraiment récupérer la certification», a insisté à plusieurs reprises le président tout en mettant l'accent sur la «volonté des parties prenantes».

Le président de FSC a insisté sur l'importance du message de Résolu puisque rien n'assure que Rainforest Alliance accepte la demande d'une période de grâce.

En ce qui concerne le certificat révoqué, François Dufresne admet que la démarche sera plus difficile, mais croit qu'elle peut être menée avec succès et FSC Canada agirait avec célérité. Cette recertification nécessiterait tout de même les corrections aux éléments de non-conformité relevés par Rainforest Alliance lorsque les certificats ont été suspendus.

L'ingénieur forestier reconnaît cependant que l'avis de non-conformité découlant du litige entre les Cris et le gouvernement du Québec est spécifique et peu commun. Dans un certain sens, il admet qu'il y a une forme d'injustice pour la papetière Résolu qui est pénalisée en raison d'un conflit sur lequel elle n'a aucun contrôle.

Dans ce cas spécifique, ce sont les instances d'appel de FSC International qui ont infirmé la décision de Rainforest Alliance qui avait donné raison à Résolu.

«Je suis d'accord avec le gouvernement du Québec que cet élément ne sera pas réglé rapidement. Ça ne veut pas dire qu'il n'y a rien à faire pour autant. FSC Canada veut conserver Résolu et même en faire un chef de file mondial de la certification. Le Québec est la province canadienne la plus certifiée», reprend l'ingénieur forestier.

Le président de FSC Canada a également apporté des précisions sur les commentaires qui reviennent régulièrement voulant qu'il y ait interprétations différentes des critères FSC entre les organismes de certification comme Rainforest Alliance et SAI Global. Les comparaisons entre ces deux organismes sont tirées de la certification FSC d'Arbec dans la zone située immédiatement à l'est des territoires décertifiés de Résolu.

L'élément de comparaison est celui du plan de protection de l'habitat du caribou forestier imposé par le gouvernement dans les opérations forestières. Selon François Dufresne, il est assuré qu'Arbec a accepté d'intégrer dans ses opérations des techniques de coupe et des façons de faire un peu plus contraignantes que ce qu'exige le Régime forestier.

«La norme FSC, et c'est partout dans le monde, exige un peu plus que ce que prévoit les lois et règlements des gouvernements. En plus, dans ce cas, l'organisme SAI Global qui a certifié Arbec a, à son tour, été l'objet d'une audition. Les auditeurs ont convenu que le travail avait été fait correctement avec Arbec. Ce sont les mêmes auditeurs internationaux qui ont revu le dossier Résolu.»

La guerre de la certification au Lac-Saint-Jean, qui met en présence le gouvernement du Québec, Greenpeace et Résolu, a dépassé les frontières régionales. Elle est suivie de près sur la scène internationale en raison des enjeux qui en découlent.

Pour ce qui est des impacts locaux, le président de FSC Canada déplore la situation. Il estime que personne ne sortira gagnant si des solutions ne sont pas mises sur la table. Que ce soit les travailleurs de Kénogami, la papetière Résolu et à la limite l'organisme FSC qui a tout intérêt à ce que sa norme soit la plus utilisée dans le monde.

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