Organisation des Nations Unies

Le mandat prestigieux de Bernard Duhaime

Bernard Duhaime, un juriste et professeur dont les... ((Courtoisie N. St-Pierre))

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Bernard Duhaime, un juriste et professeur dont les parents sont originaires de la région, vient d'amorcer un mandat de trois ans au sein du Groupe de travail sur les disparitions forcées ou involontaires de l'ONU.

(Courtoisie N. St-Pierre)

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Anne-Marie Gravel
Le Quotidien

(Chicoutimi) Un professeur et juriste dont les racines sont au Saguenay a été nommé par le Conseil des droits de l'Homme de l'Organisation des Nations Unies (ONU). Depuis trois semaines, Bernard Duhaime oeuvre à titre de membre du Groupe de travail sur les disparitions forcées ou involontaires. Un mandat qui prend l'allure de défi et d'honneur à la fois.

Bernard Duhaime possède un curriculum vitae des plus impressionnants. Pourtant, c'est le 1er décembre dernier qu'il a amorcé le mandat le plus prestigieux de sa carrière.

Il a posé sa candidature pour faire partie du Groupe de travail sur les disparitions forcées ou involontaires de l'ONU il y a quelque temps. Il y a quelques semaines, il a été nommé à titre individuel pour un mandat de trois ans.

«Je suis très honoré qu'on me confie cette responsabilité. Je prends ça avec beaucoup de sérieux. Je suis prêt à mettre l'énergie pour le faire. Pour moi, c'est primordial d'être à la hauteur de l'importance de ce travail-là», explique-t-il au cours d'un entretien téléphonique.

Le Groupe de travail sur les disparitions forcées ou involontaires est composé de cinq experts indépendants. Ils proviennent de l'Argentine, du Liban, de la Bosnie et du Maroc. Le groupe de travail a pour mandat d'aider les familles des personnes disparues à élucider le mystère entourant la disparition.

«On traite des disparitions attribuées à des agents de l'État, à des gouvernements, à des autorités politiques ou militaires ou encore à des instances de soins de santé ou de santé mentale, explique Bernard Duhaime. Parfois, des personnes sont victimes de stratagèmes qui visent à les éliminer elles, ainsi que les traces de leur existence. Dans certains cas, on parle de stratagème local de corruption. Lorsque des gens font obstacle à une organisation, on les fait disparaître. Ensuite, ces organisations sont elles-mêmes chargées d'enquêter sur ces disparitions, donc on ne les retrouve jamais», explique-t-il.

Le groupe formule des recommandations sur la façon dont devrait être structuré l'État.

Il mène aussi des enquêtes sur le terrain, en moyenne deux par année. «On rencontre les autorités en place, on visite les installations, les tribunaux», énumère-t-il. Trois à quatre sessions du groupe de travail se tiennent aussi chaque année, généralement à Genève. Le reste du travail se fait à distance.

Au quotidien, les experts reçoivent et examinent des communications qui proviennent des familles de personnes disparues.

«On doit évaluer l'information, émettre une communication auprès de la mission de l'État à l'ONU, expliquer les faits rapportés, leur demander d'expliquer les démarches qui ont été faites pour localiser la personne et s'assurer que ses droits ont été respectés. Ensuite, on effectue le suivi jusqu'à ce que la personne soit retrouvée ou qu'on puisse expliquer son sort.»

Bernard Duhaime affirme que le taux de réussite du groupe est considérable.

«Plusieurs plaintes mènent à des réponses. On estime qu'environ 20% des cas sont résolus. C'est considérable vu la nature du mécanisme et notre pouvoir de nature diplomatique», estime-t-il.

En quelques jours seulement, Bernard Duhaime a reçu beaucoup de plaintes, ce qui lui donne une idée de l'ampleur de la tâche à accomplir. «J'en reçois pratiquement tous les jours. Je vais devoir ajuster mon horaire. C'est un défi, mais ça ne me fait pas peur. C'est un honneur de faire tout ça, même si c'est humainement difficile. Ce sont des histoires sordides, mais je suis familier avec ce genre de travail», conclut-il.

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