Retrait du budget accordé à l'ERD

Le cabinet de l'opposition disparaît

Conseillère de l'ERD, Josée Néron a qualifié le... ((Photo Jeannot Lévesque))

Agrandir

Conseillère de l'ERD, Josée Néron a qualifié le geste d'«attaque directe à la démocratie et à la liberté d'expression».

(Photo Jeannot Lévesque)

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Mélyssa Gagnon
Mélyssa Gagnon
Le Quotidien

(Chicoutimi) Saguenay réduit à zéro le budget accordé à l'Équipe du renouveau démocratique (ERD) à partir de janvier. Le maire Jean Tremblay coupe ainsi l'herbe sous le pied du parti d'opposition officielle, lequel sera dorénavant privé du service de ses recherchistes. L'exercice permettra de rapatrier 182 500$ dans les coffres municipaux.

Conseillère désignée de l'ERD, Josée Néron affirmait récemment qu'elle n'était pas inquiète de voir les crédits accordés à l'ERD disparaître complètement. Le maire Jean Tremblay n'a cependant pas tardé à confirmer l'abolition de ceux-ci en séance du conseil municipal, hier midi. Josée Néron a qualifié le geste d'«attaque directe à la démocratie et à la liberté d'expression».

«Nous considérons que vous ne respectez pas la Loi. Nous avons acquis ce droit jusqu'aux prochaines élections. Un maire n'a pas droit de vie ou de mort sur le cabinet de l'opposition officielle [...]. C'est un jour triste pour la démocratie à Saguenay et pour les citoyens. Vous devrez en répondre à la population», a déclaré Josée Néron, qui soutient que la décision du maire de se prévaloir d'un cabinet après les élections de novembre 2013 donnait le droit à son parti de bénéficier d'une équipe pour toute la durée du présent mandat. La conseillère n'a pas manqué d'ajouter que Jean Tremblay a dirigé pendant plusieurs années le plus imposant cabinet politique des villes québécoises, dont la plupart des membres ont été graduellement déplacés dans la fonction publique municipale.

«Votre gymnastique administrative ne berne personne. Tout cela est grave. L'ERD n'en restera pas là», a martelé la représentante du quartier #14, dans une déclaration lue à la fin de l'assemblée publique.

Loi

Si la manoeuvre du maire Tremblay peut sembler peu élégante aux yeux de certains contribuables, dans les faits, le magistrat ne semble pas enfreindre pas la Loi sur les cités et villes. Porte-parole du ministère des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire (MAMOT), Émilie Lord mentionne que les règles n'obligent pas le maintien du cabinet de l'opposition pour la durée du mandat.

En décembre 2013, le comité exécutif de Saguenay a adopté des normes pour encadrer l'embauche et la rémunération des employés politiques. S'appuyant sur l'article 114.12 de la Loi, le document stipulait que le maire a droit aux deux tiers des sommes disponibles, alors que le conseiller désigné peut avoir le tiers.

En 2014, l'ERD a touché 182 500$, ce qui signifie que 365 000$ étaient consacrés à la rémunération de la garde rapprochée de Jean Tremblay. On sait toutefois que le maire et l'ERD auraient légalement pu se partager une enveloppe de 950 649$ pour payer leurs employés. En effet, les villes québécoises dont le budget annuel se situe entre 200 et 400 millions$ peuvent utiliser jusqu'à 0,32 pour cent de leur revenu annuel pour financer l'ensemble des cabinets politiques.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer