Éric Tremblay apprend à composer avec un traumatisme crânien sévère

Vivre avec une blessure invisible

Grâce à l'Association Renaissance pour les personnes traumatisées... ((Photo Rocket Lavoie))

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Grâce à l'Association Renaissance pour les personnes traumatisées crâniennes, Éric Tremblay parvient à se réaliser. Kim Laliberté, éducatrice spécialisée de l'organisation, confirme qu'il a parcouru beaucoup de chemin depuis sa première visite à l'association.

(Photo Rocket Lavoie)

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Anne-Marie Gravel
Le Quotidien

(CHICOUTIMI) Le 8 décembre 2011, la vie d'Éric Tremblay a basculé. Victime d'un accident de la route, il a subi un traumatisme crânien sévère. Une blessure invisible avec laquelle il doit apprendre à vivre.

Éric Tremblay menait une vie des plus normales. Originaire de Jonquière, le jeune homme âgé de 32 ans vivait dans la région de Québec, où il était mécanicien de véhicules lourds et chef d'équipe dans une entreprise. Il adorait son emploi. Il travaillait 65 heures par semaine. Il possédait sa propre maison.

Le 8 décembre 2011, lendemain de son anniversaire, il a perdu le contrôle de son camion sur la route enneigée.

«Je me suis ramassé dans le décor. Une branche m'a fracassé le crâne. J'étais mort. Les secours m'ont ramené à la vie», raconte-t-il.

Éric Tremblay a subi un traumatisme crânien sévère. Il a passé trois semaines dans le coma. Il est demeuré à l'hôpital pendant trois mois, puis trois autres mois au centre de réadaptation.

«J'ai dû réapprendre à marcher, à parler, à vivre», affirme-t-il.

Incapable de vivre seul, il a vendu sa maison et s'est réinstallé chez ses parents, à Jonquière. "Ça fait trois ans, c'est encore récent. Je n'ai pas encore récupéré.»

Le traumatisme lui a laissé des séquelles. Il souffre de fatigue extrême, de maux de tête, son niveau de concentration est moins élevé. Il doit dormir beaucoup. Il réagit plus promptement. Sa mémoire lui joue aussi parfois des tours. Il a aussi dû apprendre à s'affirmer sans blesser les autres.

«Je n'ai pas d'énergie. Je suis un jeune dans un corps de vieux.»

Il ne peut plus travailler.

«Ç'a été un des deuils les plus difficiles à vivre. Mon objectif, c'était de tout réapprendre pour retourner au travail. Ç'a été une défaite», confie-t-il.

C'est à ce moment que l'Association Renaissance des personnes traumatisées crâniennes est entrée dans sa vie.

L'association soutient les personnes traumatisées crâniennes sévères et modérées avec séquelles permanentes et leurs proches.

Dans la région, 185 personnes de 18 ans et plus en sont membres.

L'organisation célèbre cette année son 20e anniversaire. Éric Tremblay agit à titre de coprésident de l'événement. Il est aussi membre du conseil d'administration de l'organisation, en plus de participer à diverses activités qui sont organisées par l'association chaque semaine.

«Au début, c'était dur. Je me demandais pourquoi ça m'était arrivé. Mais aujourd'hui, je pense que j'ai de bonnes qualités à partager. J'ai encore quelque chose à donner. Avec l'association, je suis en train de trouver ma voix, estime-t-il. Ça m'a aidé à briser l'isolement.»

Kim Laliberté, éducatrice spécialisée à l'Association Renaissance des personnes traumatisées crâniennes, affirme que l'organisation soutient de diverses façons les personnes traumatisées crâniennes.

«On offre du soutien psycho social. On travaille à briser l'isolement, au maintien des acquis. Nos activités ont toujours un objectif. On arrive aussi à de belles choses, par exemple à trouver des endroits où des personnes peuvent faire du bénévolat. Les personnes peuvent se réaliser autrement que par le travail.»

Fatigabilité, problèmes de mémoire, difficultés physiques, changement de personnalité, irritabilité, perte d'inhibition, isolement, fin de relation sociale ou amoureuse, les personnes traumatisées font face à diverses difficultés.

«Avoir des amis qui ont vécu les mêmes choses qu'elles, ça les aide, assure Kim Laliberté. Il faut aussi leur faire comprendre que leur traumatisme, ce n'est pas la chose qui les définit. C'est une partie d'elles.»

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