Décision de la Cour suprême dans le dossier de la prière

Mgr Rivest anticipe un jugement à la Salomon

Comme il l'a déjà fait, Mgr André Rivest... ((Photo Jeannot Lévesque))

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Comme il l'a déjà fait, Mgr André Rivest s'est dissocié des méthodes employées par Jean Tremblay pour avoir gain de cause. Aussi qualifie-t-il d'épouvantable le fait que ce dossier soit devenu l'objet d'une croisade.

(Photo Jeannot Lévesque)

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(CHICOUTIMI) Mgr André Rivest croit que le maire Jean Tremblay sera débouté par la Cour suprême et que seul le crucifix demeurera comme symbole religieux à l'Hôtel de ville de Saguenay.

Alors que le plus haut tribunal au pays s'apprête à rendre sa décision dans le dossier de la prière à Saguenay, l'évêque du diocèse de Chicoutimi prédit un " jugement à la Salomon ".

«J'ai l'impression qu'on coupera la poire en deux. Probablement qu'on va laisser la croix comme on la laisse à l'Assemblée nationale, à Québec, mais qu'on va faire disparaître la prière elle-même ", a-t-il déclaré devant le Cercle de presse du Saguenay, mercredi matin.

Si ce dénouement se matérialise, Mgr Rivest s'en accommodera.

«Je souhaite que le maire ait raison avec la prière, mais je ne serais pas étonné qu'ils coupent la poire en deux. Qu'il n'y ait pas de prière, je suis capable de vivre avec ça. Mais qu'ils enlèvent la croix, là, j'ai plus de difficulté. Là, ça vient me brimer dans mon identité de citoyen de la région. »

Comme il l'a déjà fait, Mgr Rivest s'est dissocié des méthodes employées par Jean Tremblay pour avoir gain de cause. Aussi qualifie-t-il d'épouvantable le fait que ce dossier soit devenu l'objet d'une croisade.

«La cause pour moi, c'est l'Église. C'est la foi. Je ne veux pas porter de jugement sur la personne de M. le maire, mais parfois on a tort dans notre manière d'avoir raison. Je pense que l'intransigeance n'est jamais une voie d'harmonie, de rapprochement des uns et des autres à travers leurs différences. Je pense qu'on peut être un excellent catholique tout en n'étant pas d'accord avec la prière à (l'Hôtel de ville). Comme on peut l'être en étant d'accord. C'est une question d'opinion. »

Loin de l'évangile

Par ailleurs, Mgr Rivest a réitéré sa compassion à l'endroit des travailleurs de l'industrie de l'automobile qui sont sous le coup d'un lock-out depuis près de deux ans.

L'évêque de Chicoutimi a déjà tenté de s'immiscer dans le conflit, mais sa démarche a été vaine.

«Vous savez, j'ai essayé de rencontrer les deux parties afin de comprendre la dynamique derrière tout ça, mais ça n'a pas été une grosse réussite mon affaire. Il y a un volet très humain. Je voulais savoir dans quelle mesure je pouvais apporter quelque chose. L'une des deux parties m'a rencontré, mais l'autre n'a jamais voulu me recevoir ", a-t-il rappelé, en référant à la partie patronale.

«La personne qui a le leadership m'a fait comprendre que ça ne me regardait pas ", a-t-il ajouté.

Se disant déçu et attristé, il a insisté sur les conséquences sociales d'un tel affrontement.

«Je ne veux pas savoir qui a tort ou qui a raison. Je pense à ces pauvres filles et ces pauvres hommes qui sont sur le bord de la rue, qui savent qu'encore cette année les cadeaux seront moins gros. Il y a des gens qui ont perdu leur maison, des couples qui se sont séparés à cause de ça. Ç'a trop duré. On dit que quand ça dure trop longtemps, ça finit par pourrir. Et là, c'est pourri. (...) Comment peut-on traiter ainsi les gens, dans une société aussi civilisée que la nôtre, aussi pourvue de moyens que la nôtre? On est loin de l'évangile en tout cas. »

Mst-Hilaire@lequotidien.com

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