Entrée en vigueur de la bourse du carbone

Un risque pour l'activité économique

Au centre, le président et la directrice générale... ((Photo Michel Tremblay))

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Au centre, le président et la directrice générale de l'Association québécoise des indépendants du pétrole (AQIP), Simon Paquet et Sonia Marcotte, ont fait le point sur l'entrée en vigueur de la taxe carbone le premier janvier. Ils sont accompagnés des administrateurs Luc Harnois, Francine Lapierre et Éric Bernier de Nutrinor en plus de la présidente du Cercle de presse du Saguenay, Véronique Dubé. o

(Photo Michel Tremblay)

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(Chicoutimi) Le gouvernement du Québec va accentuer le ralentissement économique tout en encourageant la fuite des capitaux vers l'Ontario et les États-Unis avec l'entrée en vigueur de la seconde phase du Système d'échange et de plafonnement et d'échanges d'émission de GES, qui fera grimper le prix du litre d'essence de 2,7 et 3 cents pour le carburant diesel.

Les dirigeants de l'Association québécoise des indépendants du pétrole (AQIP) du Québec étaient de passage au Cercle de presse du Saguenay, hier. Ils lancent un dernier cri d'alarme aux automobilistes québécois à l'aube d'une hausse incontournable du prix du pétrole provoquée uniquement par l'introduction des produits pétroliers dans la bourse du carbone. Cette bourse, à laquelle le Québec a adhéré, est basée sur la vente de droits de polluer aux grands émetteurs de GES. Les pétrolières seront dès le premier janvier assujetties à ce mécanisme.

« Nous ne sommes pas contre le principe de limiter contre les émissions de GES. Personne n'est contre la vertu. Nous nous opposons au moyen mis de l'avant qui va introduire dans le marché des distorsions entre les entreprises et qui risque de faire disparaître des détaillants indépendants qui sont principalement dans les régions du Québec », insiste la directrice générale de l'AQIP, Sonia Marcotte.

Dès le 1er janvier, chaque goutte de pétrole vendue au Québec sera frappée d'une taxe carbone, à moins que le détaillant importe moins de 9 millions de litres par année. Ce qui revient à dire, selon le président Simon Paquet, qu'il y aura des règles différentes dans un marché parfait où tout le monde serait soumis aux mêmes règles. Le plus étonnant, toujours selon le président, est que Québec aille de l'avant avec cette nouvelle taxe sans que son ministère des Finances n'ait réalisé d'étude d'impact économique.

« On nous dit que le dossier relève du ministère de l'Environnement. On refuse de nous remettre les études », reprend le président, qui croit que les consommateurs devraient porter un plus grand intérêt à ce changement majeur. Le Québec se retrouvera isolé alors que les autres juridictions que sont l'Ontario, les états limitrophes américains et le Nouveau-Brunswick n'ont pas adopté la Bourse du carbone et n'ont donc pas à adopter les mêmes règles commerciales que le Québec et la Californie.

Au plan politique, les dirigeants de l'organisme ont malheureusement constaté qu'il est difficile de faire lever les appuis à l'Assemblée nationale. Que ce soit la CAQ ou le PLQ et même le PQ, les députés sont hésitants avant de toucher à une mesure environnementale. La formation de François Legault, qui a généralement des positions très favorables à une plus grande régulation des marchés par la loi de l'offre et de la demande, n'a jamais amené la question sur le parquet du Salon bleu.

Les administrateurs de l'AQIP jugent qu'en pleine période d'austérité, le gouvernement pose des gestes qui risquent sérieusement de ralentir encore plus l'économie manufacturière du Québec. Ces trois cents le litre vont d'une certaine façon affecter la compétitivité des entreprises québécoises face aux mêmes entreprises installées ailleurs en Amérique du Nord.

Cette réalité est particulièrement vraie dans les secteurs de la forêt et des mines où la consommation de diesel représente un élément central dans les coûts de production. À titre d'exemple, le mètre cube de bois québécois est déjà le plus cher au monde. L'ajout de la taxe carbone va amplifier ce phénomène. Le même raisonnement s'applique à l'industrie minière québécoise qui affiche les coûts de production les plus élevés au monde avant l'entrée en vigueur de la taxe sur le carbone pour les produits pétroliers.

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