« Black Friday »

Le phénomène s'amplifie aussi en région

Thiarno Diallo, professeur de sciences économiques à l'UQAC.... ((Photo Jeannot Lévesque))

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Thiarno Diallo, professeur de sciences économiques à l'UQAC.

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Laura Lévesque
Le Quotidien

(Chicoutimi) Tradition américaine, le phénomène du « Black Friday » s'amplifie au Canada. De plus en plus de commerçants tentent de se coller à cet événement commercial pour augmenter leurs ventes avant la période des fêtes. Mais au Québec, surtout en région, son entrée est plus timide.

« On le voit moins en région, car ce sont surtout les grandes chaînes américaines qui offrent ces rabais monstres. Évidemment, les stratégies nationales vont être appliquées dans tous les commerces, même ceux en région. Mais il y a moins d'engouement. C'est plus fort dans le Canada anglais », constate Thiarno Diallo, professeur de sciences économiques à l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC).

Malgré cette timidité, les termes « Black Friday » ou « Vendredi Fou » figurent de plus en plus dans les publicités d'entreprises d'ici. La valeur du dollar canadien y est pour quelque chose.

« Par le passé, les Canadiens traversaient la frontière pour aller profiter des gros rabais. Des autobus remplis de gens se rendaient aux États-Unis. Mais à partir de 2005, 2006, le taux de change entre le dollar américain et canadien était presque à parité. Il y avait donc moins d'intérêt. La parité permet également aux entreprises d'ici d'avoir plus de marges, leur permettant d'offrir de meilleurs rabais. Et les grandes chaînes américaines qui sont présentes au pays se sont aussi dit qu'elles pourraient aussi faire leur propre "Black Friday", ou "Vendredi fous" », explique M. Diallo.

Les rabais demeurent cependant plus intéressants aux États-Unis. « C'est vraiment de l'écoulement des stocks. C'est en quantité limitée également. Et une fois que le consommateur est sur place, s'ils ne trouvent pas le produit, ils vont le substituer pour un autre. Ce sont de bonnes stratégies. Et aux États-Unis, même les petits commerçants s'y mettent. Mais c'est une question de concurrence. Elle est plus forte chez les Américains. »

En plus de son aspect commercial, le « Black Friday » a également un côté social important, note l'économiste.

« C'est un phénomène social. En Europe, ils ont également essayé de copier, mais ça ne marche pas. On voit donc qu'il y a un côté culturel et social attaché à cet événement. Il faut dire que c'est pendant un long congé. Thanksgiving, c'est extrêmement important, voire plus que Noël. Le "Black Friday" est un événement familial. Les gens font du magasinage entre amis, en famille », pointe le professeur, ajoutant que ce type de fête est bénéfique pour l'activité économique.

Pourquoi « Black Friday »?

« C'est pour illustrer le changement dans la valeur des profits des commerçants américains. On passe du rouge au noir. Les comptables écrivaient en rouge quand c'était dans le négatif. À la fin du mois de novembre, c'est là que les profits commençaient à entrer et ils écrivaient en noir. Mais c'est une explication anecdotique », détaille M. Diallo.

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