Desserte maritime à Sainte-Rose

Arianne dépose son projet au fédéral

Le chef de l'exploitation de la minière, Jean-Sébastien... ((Photo Jeannot Lévesque))

Agrandir

Le chef de l'exploitation de la minière, Jean-Sébastien David.

(Photo Jeannot Lévesque)

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Chicoutimi) Le projet minier d'Arianne Phosphate va franchir une autre étape importante, dans quelques semaines, alors que Ports Saguenay déposera au Bureau des grands projets du gouvernement canadien l'avis de projet pour la construction d'une desserte maritime à l'est de l'Anse-à-Pelletier sur le territoire de Sainte-Rose-du-Nord.

L'entreprise a entre les mains les plans et devis de l'infrastructure qui sera érigée entre la route 172 et le quai à construire en bordure du Saguenay. Il s'agit du site de transbordement et d'entreposage du concentré, d'un convoyeur et du quai où les bateaux seront chargés.

«Nous sommes à la rédaction finale de l'avis de projet qui sera transmis au gouvernement fédéral. Un avis est envoyé au bureau des projets majeurs ainsi qu'aux ministères concernés», indique le chef de l'exploitation de la minière, Jean-Sébastien David.

«Nous construisons une infrastructure qui sera exploitée par Ports Saguenay et qui constituera une extension des installations portuaires. Le projet nous permettra de transborder 3 millions de tonnes métriques de concentré de phosphate. Il y a de l'espace pour ajouter d'autres utilisateurs si de nouveaux projets se développent et ont besoin de capacités de transbordement, mais en premier lieu, nous travaillons en fonction de nos besoins pour l'expédition de notre concentré.»

Le processus d'évaluation environnemental fédéral est différent de celui du ministère de l'Environnement du Québec. Il comporte un certain nombre de critères déterminant le niveau des études et leur importance en fonction de la nature des travaux à réaliser. À titre d'exemple, les paniers d'études diffèrent selon les quantités de matériel excavé dans l'eau quand il est question d'un port de mer.

Le promoteur considère que son projet n'a pas encore pris de retard sur les échéanciers même si le délai est légèrement plus long en ce qui concerne l'étude d'impact qui sera soumise à la consultation publique pour le site minier et le réseau routier de transport. «Nous avons rencontré le ministère de l'Environnement la semaine dernière afin de bien comprendre les questions additionnelles soulevées auxquelles nous allons répondre. On espère qu'il s'agira des dernières questions afin d'obtenir notre avis de recevabilité», précise le chef de l'exploitation.

Transformation du concentré

Arianne Phosphate déposera devant le BAPE un projet additionnel de transformation du concentré en engrais chimique au Québec. Jean-Sébastien David souhaite ainsi devancer les questions et ne se fait pas d'illusion pour un tel projet qui nécessiterait 1,9 G$ d'investissement, sans compter le problème de l'acceptabilité sociale puisqu'il s'agit d'un complexe de traitement de produits chimiques très lourd.

«On se concentre sur la recherche de financement pour notre projet de mine que l'on espère en exploitation pour 2017. Les coûts sont toujours de l'ordre de 1,1 G$ incluant le quai et la route. C'est vrai que nous sommes dans une période difficile pour lever du financement pour un projet minier, mais nous sommes confiants.»

Jean-Sébastien David souligne qu'au début de la crise entre l'Ukraine et la Russie, le téléphone s'est mis à sonner dans les bureaux de la rue Racine et des transformateurs de phosphore de qualité alimentaire étaient déjà à la recherche de nouveaux fournisseurs. La Russie, qui produit 4 millions de tonnes métriques de phosphore de qualité alimentaire, est le principal concurrent d'Arianne Phosphate.

«Le phosphore est une commodité qui n'est pas dans le même groupe que les métaux. Les prix n'ont pas fluctué de façon aussi importante que le fer et sont relativement stables. Nous avons fait une étude de faisabilité avec un prix moyen de 137$ US. La Caisse de dépôt et placement du Québec arrive à 135$ la tonne métrique à long terme. Le prix est en ce moment de 120$ la tonne, selon l'indice de Casablanca qui sert de référence pour le marché mondial. Il s'agit d'un prix qui ne tient pas compte des primes pour la qualité du produit», reprend le patron de la minière.

Nonobstant les prix et le climat d'incertitude qui rend les investisseurs frileux, Jean-Sébastien David affirme que la fenêtre est excellente pour lancer le projet du lac à Paul. Avec la fermeture de deux mines en Amérique du Nord à court terme, le déficit en concentré sera de l'ordre de 4,5 millions de tonnes métriques par année pour les fabricants d'engrais chimiques et autres produits nécessitant du phosphore.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer