Un pas de franchi dans la lutte contre l'intimidation

«Une petite victoire chère payée»

Près de six ans après la disparition de... ((Photo Gimmy Desbiens))

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Près de six ans après la disparition de son fils David Fortin, Caroline Lachance a toujours du mal à entendre parler d'intimidation.

(Photo Gimmy Desbiens)

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Anne-Marie Gravel
Le Quotidien

(CHICOUTIMI) Si les mesures mises en place dans les écoles pour contrer l'intimidation avaient été instaurées il y a quelques années, peut-être aurait-on pu sauver David Fortin.

Du moins, c'est ce que suppose sa mère, Caroline Lachance.

«On peut présumer que ça aurait aidé, qu'on aurait pu l'aider plus rapidement», affirme-t-elle.

Deux ans après la mise en place de la loi visant à prévenir et à combattre l'intimidation et la violence à l'école, la mère de David Fortin considère qu'un pas a été franchi, notamment en matière de sensibilisation. Elle estime toutefois que beaucoup de travail reste à faire. «C'est une petite victoire chère payée. Quand t'es victime d'intimidation, ce n'est vraiment pas une vie. David a vécu ça trop longtemps.»

Caroline Lachance n'a plus de contacts avec les écoles. Mais ce qu'elle voit et entend lui donne un peu d'espoir.

«C'est certain que plus ça va, plus on en entend parler. Ç'a été un prix à payer. Aujourd'hui, on voit que les jeunes dénoncent plus, même si plusieurs ne le font pas encore.»

Elle est d'avis que plusieurs conditions doivent être réunies pour aider efficacement les victimes et les intimidateurs.

«Au départ, il faut que les jeunes soient conscientisés. Quand on leur explique petit, il y a plus de chances d'éviter qu'ils fassent de l'intimidation plus tard. Il faut que les personnes qui entourent les jeunes soient formées pour bien réagir. Finalement, ça prend aussi une loi.»

Si des mesures ont été implantées en ce sens, elle déplore toutefois qu'on entende encore rarement parler des intimidateurs et de ce qu'il advient d'eux et de leurs victimes. «On entend parler des victimes, mais pas des mesures prises contre les intimidateurs. On ne connaît rien du suivi effectué auprès des victimes et des intimidateurs.»

Douleur

À quelques mois du triste sixième anniversaire de la disparition de David, alors qu'il était âgé de 14 ans, la douleur de Caroline Lachance est toujours vive.

«Tant qu'on n'aura pas trouvé David, on ne pourra pas tourner la page. Même si on la tournait un jour, elle ne s'effacera pas, jamais. C'est une page qui est trop marquante.»

Aujourd'hui encore, la mère de David a de la difficulté à entendre des histoires d'intimidation. "Ça me replonge dans le passé. Ça vient trop me chercher, ça me fait trop mal. Surtout que mon enfant est disparu et qu'on ne l'a pas retrouvé.»

David a été victime d'intimidation pendant des années.

Il avait nommé cinq intimidateurs. Il y en aurait eu huit, peut-être même 10.

Caroline Lachance ne connaît pas les jeunes qui ont intimidé son fils. Elle connaît leur nom, mais n'a jamais cherché à les rencontrer, eux ou leurs parents. «J'aime mieux ne pas connaître ces personnes. Je comprends aussi ces parents. Quand tu es parent d'un intimidateur, ça doit aussi être frustrant.»

À l'époque, les intimidateurs ont subi certaines conséquences, mais le processus en place à ce moment ne semble pas avoir porté ses fruits.

«J'ai su que les jeunes ont été placés à part, avec un professeur. On m'a dit que la majorité a pris ça comme des vacances. Semble-t-il qu'un ou deux se seraient rendu compte que leurs gestes avaient été trop loin. Des parents auraient pris ça à la légère, d'autres non.»

Aujourd'hui, elle estime que plus d'outils sont disponibles pour venir en aide aux victimes d'intimidation, que les moyens d'intervention ont évolué, mais que le combat est loin d'être gagné.

«Il y a toujours place à l'amélioration, il ne faut pas qu'on arrête. De l'intimidation, il va toujours y en avoir, même dans les milieux de travail, mais il ne faut pas lâcher. Il faut encourager les jeunes à dénoncer, pour encourager les intimidateurs à arrêter. Le meilleur moyen d'y parvenir, c'est la communication. Quand on est courant d'une situation, on peut intervenir.»

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