L'emploi avant les parcs

Le premier ministre Philippe Couillard... (Photo Jacques Boissinot, La Presse Canadienne)

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Le premier ministre Philippe Couillard

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(CHICOUTIMI) Le premier ministre Philippe Couillard s'engage à protéger l'économie forestière des régions en intervenant chirurgicalement pour caractériser les territoires du Plan Nord à protéger entre le 49e parallèle et la limite nordique de la forêt boréale commerciale, laquelle passe à la hauteur du 51,4e parallèle.

Le premier ministre a tenu à rétablir les faits en lien avec l'interprétation d'une lettre qu'il a adressée, la semaine dernière, au congrès mondial des parcs tenu sous l'égide de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Dans cette missive, le premier ministre s'engage à protéger 50 % du territoire du Plan Nord à partir du 49e parallèle.

«Il faut lire attentivement ", a dans un premier temps rappelé le premier ministre au cours d'une entrevue accordée au Quotidien. Il réitère son engagement électoral de protéger l'économie forestière. Dans son esprit, il est possible de protéger les emplois et l'économie tout en intégrant des mesures de protection.

«Il faut être clair et cesser de faire peur aux gens. Ça ne signifie pas que nous allons prendre un crayon rouge et faire un trait en disant que nous protégeons 50 % d'un bord sans aucune évaluation et caractérisation du territoire. Il n'est pas question d'agir de la sorte dans la bande de forêt boréale située entre le 49e et le 51,4e parallèle, qui est la limite de la forêt boréale attribuée ", reprend le premier ministre.

Dans cette zone qui constitue la base de l'approvisionnement forestier pour les usines du Saguenay-Lac-Saint-Jean, de Chibougamau-Chapais, de la Côte-Nord et du Nord-du-Québec, le premier ministre Couillard entend poursuivre la démarche de protection déjà amorcée : " En ce moment, 9 % du territoire de la forêt boréale commerciale est inclus ou identifié dans des aires protégées. L'objectif est d'atteindre 12 %, ce qui représente 3 % additionnel et nous allons le faire en travaillant de concert avec l'industrie et le milieu. On ne soustraira pas 50 % de cette bande des activités industrielles d'un seul trait ", s'est engagé le premier ministre.

Philippe Couillard est plus que conscient de l'importance de cette bande de forêt boréale commerciale. Il note que la forêt boréale s'étend encore plus au nord que la limite des forêts attribuées. Le Plan Nord, quant à lui, s'étend jusqu'à la limite nordique de la province.

Selon le premier ministre, il y a dans ces vastes territoires beaucoup de possibilités pour identifier ceux à protéger.

Encore là. il insiste sur la notion de protection. Dans la partie de 50 % qui sera soustraite aux activités industrielles, les communautés pourront développer des activités plus légères sur 30 % de la superficie alors que les aires protégées couvriront 20 % de l'espace. Les activités autorisées sont l'hébergement ou d'autres types de développement qui ne sont pas considérés comme des activités industrielles. L'exploitation forestière est quant à elle identifiée partout dans le monde comme une activité industrielle.

Le premier ministre précise que tout ce processus de protection du territoire du Plan Nord s'étendra sur les 15 prochaines années.

Pertes d'emplois

Les évaluations effectuées en 2011 lors de la publication du Plan Nord démontraient que la protection de 50 % répartie également sur le territoire situé entre le 49e et le 51,4e parallèle aurait provoqué une diminution de la possibilité forestière de l'ordre de 2 millions de mètres cubes dans la région et la disparition de 5000 emplois. Le premier ministre Philippe Couillard affirme que ce scénario ne sera jamais considéré et que l'objectif gouvernemental est au contraire de maintenir la possibilité forestière à la base de cette activité économique.

Les groupes écologistes comme Nature Québec et la SNAP Québec ont accueilli favorablement la lettre du premier ministre. Ils risquent toutefois de remonter aux barricades rapidement puisque la position de Philippe Couillard, quant à la répartition des superficies protégées, pourrait les heurter.

Le bureau du premier ministre a communiqué avec le préfet de la MRC Maria-Chapdelaine, Jean-Pierre Boivin, pour le rassurer quant aux impacts de cet engagement.

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