38 pilotes morts en entraînement en 1943 et 1944

Les soldats oubliés d'Arvida

Claude Chamberland précise que plusieurs accidents impliquant de... ((Photo Michel Tremblay))

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Claude Chamberland précise que plusieurs accidents impliquant de jeunes pilotes canadiens, britanniques et néo-zélandais sont survenus dans la région, après la mise en service de la Base de Bagotville.

(Photo Michel Tremblay)

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Mélyssa Gagnon
Mélyssa Gagnon
Le Quotidien

(CHICOUTIMI) Le cimetière protestant d'Arvida, situé sur le boulevard du Royaume, à Jonquière, était bien calme mardi, à l'occasion du jour du Souvenir. Pourtant, de jeunes pilotes morts à l'entraînement entre août 1943 et octobre 1944 y ont trouvé leur dernier repos.

Ce chapitre de la Deuxième Guerre mondiale demeure méconnu et peu de gens de la région savent que des 38 pilotes de la 1re Unité d'entraînement opérationnel (UEO) de la base de Bagotville décédés chez nous, neuf sont inhumés à Arvida. Outre la présence d'un aménagement plutôt sobre, les monuments réservés à ces hommes disparus, principalement des Anglais, demeurent peu fréquentés.

Curateur à la retraite du Musée de la Défense aérienne de Bagotville, Claude Chamberland rappelle que les accidents de pilotage étaient fréquents au début des années 40, alors que quelque 640 pilotes de chasse ont été formés à l'École d'aviation de Bagotville.

«C'étaient de jeunes pilotes, sans expérience. Ils avaient une directive de ne pas voler en dehors des plaines du lac Saint-Jean et de ne pas voler dans les montagnes. La plupart des accidents étaient dus à des erreurs de pilotage, des ennuis mécaniques ou à la mauvaise température», raconte le passionné d'aviation et d'histoire militaire, qui vient tout juste de tirer sa révérence du musée baieriverain après 25 ans d'implication.

Saint-Honoré

Claude Chamberland signale qu'après la mise en service de la base de Bagotville à l'été de 1942 pour protéger les installations d'Alcan dans la région, le trafic aérien était très dense dans les cieux du Royaume. Saint-Honoré a été construit comme aéroport de dégagement.

«C'était un modèle réduit de Bagotville avec des pistes triangulaires», explique-t-il. Plusieurs accidents impliquant des pilotes ont été répertoriés dans la petite localité ou à proximité.

«Saint-Honoré était un aérodrome secondaire attaché à l'Unité Opérationnelle d'Entraînement no 1. On n'a donc pas de statistiques spécifiques pour ce terrain», précise toutefois Jean Martin, historien à la direction Histoire et Patrimoine au ministère de la Défense du Canada. Michel Bergeron a consacré tout un chapitre à ce sujet dans un livre publié à l'occasion du centenaire de la municipalité. Il cite, entre autres, des écrasements survenus dans le rang 9 de Canton Simard, près de la mine Niobec et directement au-dessus du village.

De tous les soldats morts à l'entraînement enterrés dans la région, l'histoire du sergent Raymond Wilfrid Bailey de la Royal Air Force est sans doute la plus connue. Le 15 novembre 1942, en pleine tempête de neige, le Hurricane du pilote de 23 ans s'est écrasé après avoir heurté les monts Valin. L'avion a été retrouvé par des travailleurs forestiers en 1972, près de 30 ans après les événements. Les restes du soldat britannique ont été déposés au cimetière Saint-François-Xavier de Chicoutimi. Cette page d'histoire a été relevée dans un article publié dans la revue historique Saguenayensia en 1998, sous la plume de Claude Chamberland et de Michel Bergeron.

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