Service policier à Opitciwan

Awashish lance un ultimatum

À compter de décembre, la Sûreté du Québec pourrait assumer à elle seule la... (Michel Tremblay)

Agrandir

Michel Tremblay

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(CHICOUTIMI) À compter de décembre, la Sûreté du Québec pourrait assumer à elle seule la sécurité des citoyens d'Opitciwan.

Le chef Christian Awashish menace d'abolir l'équipe de policiers de la réserve atikamekw dans les prochaines semaines s'il n'obtient pas, de Québec, les quelque 2,8 millions $ nécessaires à ce service.

Invité du Cercle de presse du Saguenay, mercredi, le chef Awashish a insisté sur l'urgence de la situation. Son conseil n'est plus en mesure de soutenir le salaire des 16 agents d'Opitciwan.

La loi prévoit qu'en l'absence d'un service de police, il revient à la Sûreté du Québec de voir au maintien de la paix et de l'ordre dans la communauté. Régulièrement, la SQ prête main-forte aux effectifs locaux, mais ces interventions sont ponctuelles.

Assigner la SQ à la couverture permanente du territoire d'Opitciwan engendrerait des coûts significatifs pour l'État. " Entre 4 et 5 millions $ par année ", avance Christian Awashish.

Des problèmes d'adaptation sont également envisageables.

En juillet 2005, les membres du service de police d'Opitciwan ont démissionné en bloc conséquemment à un drame qui a plongé le village en pleine crise. Un adolescent de 15 ans venait d'être arrêté pour le meurtre de son frère. Le jeune homme avait tendu une embuscade aux policiers venus l'intercepter.

Au lendemain de cette scène d'horreur, les huit agents atikamekws remettaient leur insigne au conseil.

La SQ avait alors été appelée en renfort. Les policiers avaient toutefois été accueillis froidement par la population de quelque 2800 habitants. On avait même tiré des coups de feu sur le poste d'Opitciwan.

Bien que le contexte soit fort différent, l'implantation d'une équipe de la SQ, pour une période indéterminée, risque d'occasionner de nouveaux soulèvements.

«Ils sont bien accueillis chez nous, mais il y a une limite. Il y a une limite de langue, une réalité culturelle. Il y a aussi une façon différente de composer avec notre façon d'être, notre façon de vivre en collectivité qui n'est pas la même que celle des Québécois en général. La SQ n'est peut-être pas prête à intervenir dans certaines situations ", a confié hier le chef Awashish.

Située à une centaine de kilomètres de Saint-Félicien, la communauté d'Opitciwan fait face à d'importants enjeux sociaux. Plus de la moitié de la population active est sans emploi, la drogue est un fléau manifeste.

En moyenne, chaque résidence abrite plus de 11 personnes.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer