Guy Harvey à contre-courant

Une question d'amour du public

Guy Harvey, des As du frein, considère que... ((Photo Michel Tremblay))

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Guy Harvey, des As du frein, considère que l'amour du métier et l'indépendance de son commerce face aux pétrolières l'ont incité à poursuivre la vente d'essence dans le secteur Rivière-du-Moulin.

(Photo Michel Tremblay)

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Denis Villeneuve
Le Quotidien

(Chicoutimi) Cet été, le garagiste Guy Harvey, des As du frein, sur le boulevard Saguenay, a dû prendre une importante décision lorsqu'il a constaté que ses réservoirs devaient être remplacés à grands frais.

Devait-il procéder aux travaux de remplacement des réservoirs et de décontamination du sol ou cesser la vente d'essence, comme le font plusieurs de ses collègues commerçants ?

Sa décision a été de procéder aux travaux, même s'il sait qu'il va un peu contre la tendance actuelle. En fait, ce sont des motifs économiques autant qu'humains qui l'ont incité à investir 140 000 $ dans la réfection de ses pompes (couverts par ses assurances, mis à part les frais de décontamination de sol). « Lorsque je fais affaire avec une grosse pétrolière, on me donne trois cents du litre et on m'exige des frais d'utilisation de cartes et de publicité. Je n'ai pas ça avec mon fournisseur Pétrole R.L. parce que la station m'appartient. Je suis un vrai indépendant », mentionne-t-il.

Puisque son fournisseur d'essence n'a pas à investir dans son commerce, M. Harvey soutient qu'il est en mesure de négocier une meilleure entente sur les profits du litre d'essence. Il avoue savoir de quoi il parle puisqu'il a déjà fait commerce sous les bannières Texaco, Esso, Pétro T et toutes appliquent un même modèle d'affaires.

Autre facteur important qui a pesé dans la balance, M. Harvey affirme qu'il faut aimer fréquenter le public, discuter avec les clients été comme hiver. « Je ne me verrais pas passer mes grandes journées dans mon garage à faire juste de la mécanique sans voir de clients. »

La décision de ses concurrents de cesser la distribution d'essence dans le secteur fait sentir ses effets sur son volume de vente, un phénomène qui le réjouit plus ou moins. « Ça me donne du volume, mais si j'en ai trop, j'aurai à embaucher du monde pour faire le service et là, ce ne sera plus payant ». Il est toutefois prévu que ses pompes puissent un jour être opérées en mode libre-service si le besoin se fait sentir.

M. Harvey croit que la diminution du nombre de stations-services est payante pour les pétrolières puisqu'elles ont à distribuer leur pétrole dans un moins grand nombre de points de vente, ce qui contribue à diminuer leurs frais. « Je vous prédis que, dans dix ans, on vendra uniquement de l'essence sur le boulevard Talbot. » o

Quelles sont les taxes payées sur un litre d'essence ?

Taxe d'accise sur l'essence : taxe fédérale établie selon un montant fixe et non comme un pourcentage. Elle est de 10 cents/litre.

Taxe sur les carburants : taxe québécoise établie selon un montant fixe. Elle est de 19,2 cents/litre. Cependant, cette taxe est réduite dans certaines régions frontalières, périphériques et spécifiques.

Taxe sur l'essence (Grand Montréal) : taxe perçue par le gouvernement du Québec et remise à l'Agence métropolitaine de transport (AMT) comme contribution au transport en commun. Il s'agit d'un montant fixe au litre, soit 3 cents.

TPS (Taxe sur les produits et services) et TVQ (Taxe de vente du Québec) : deux taxes à la consommation qui s'appliquent par-dessus toutes les autres taxes.

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