Station d'essence

Une espèce en voie de disparition

Robert Gasse et sa conjointe Ginette Boulianne, estiment... ((Photo Michel Tremblay))

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Robert Gasse et sa conjointe Ginette Boulianne, estiment que l'abandon de la vente d'essence il y a trois semaines permet d'accorder plus de temps aux clients présents à son commerce pour des troubles mécaniques.

(Photo Michel Tremblay)

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Denis Villeneuve
Le Quotidien

(Chicoutimi) Depuis quelques semaines, le nombre de stations d'essence connaît un déclin important sur le territoire de Saguenay puisque plusieurs garages abandonnent le service pour ne conserver que les opérations d'entretien mécanique.

Lundi dernier, les propriétaires du Garage Godin et Lapointe, à Jonquière, ont cessé les opérations de distribution d'essence, imitant ainsi les stations Robert Gasse et l'Atelier Landry et Néron, selon un recensement maison du Quotidien.

Après 14 ans dans la vente d'essence, Guy Landry, copropriétaire de l'Atelier Landry et Néron, a vendu son dernier litre de pétrole lundi dernier. « Ça fait deux ans qu'on regarde ça et on constate que la vente d'essence est plus ou moins rentable. On n'est pas capable de réinvestir dans le renouvellement de nos réservoirs lorsque le profit sur le litre d'essence varie entre trois et cinq cents du litre. »

À titre d'exemple, la semaine dernière, pendant que les consommateurs se réjouissaient de voir le prix du litre baisser à 1,22 $, il a dû absorber une perte de quatre cents puisque l'essence a été achetée à 1,26 $, ajoute Guy Landry, dont le commerce est situé sur le boulevard Talbot. « Ce n'est pas compliqué, on arrête parce qu'on ne fait pas d'argent. À cause de la télévision et la radio, le monde pense qu'on est tous millionnaires », affirme-t-il.

Avec des marges très petites, les garagistes doivent absorber les frais reliés à l'utilisation des cartes de débit et de crédit utilisées dans 40 % des transactions, lesquels s'ajoutent aux frais imposés par les pétrolières pour la publicité sans compter les frais reliés à l'embauche de la main-d'oeuvre.

Interrogé afin de savoir, si, selon lui, les compagnies pétrolières manoeuvrent pour faire disparaître les petites stations-service, M. Landry ne le croit pas. « Les compagnies pétrolières nous vendent un produit et le gouvernement empoche en imposant taxes par-dessus taxes.»

Dans les faits, il y a longtemps que les pétrolières ont elles-même entrepris un ménage dans leur propres stations d'essence puisqu'entre 1994 et 1997 près de 1000 d'entre elles ont été fermées au Québec. Dans la région, ce nombre est passé de 302 en 1997 à 198 en 2010, dernière année de données disponibles.

La tendance dans le domaine consiste pour les pétrolières à construire sur un même terrain une station d'essence accolée à un dépanneur, lave-auto et un restaurant rapide. « S'ils n'ont pas assez de volume dans la vente d'essence pour atteindre la rentabilité, ils vont en faire en tentant de faire entrer le client dans leurs commerces. »

Les mêmes arguments économiques sont repris par Robert Gasse qui a cessé la vente d'essence il y a tout juste trois semaines. M. Gasse se souvient avoir acheté pour 6200 $ d'essence et avoir calculé qu'il ne lui restait en poche que 198 $ de profits bruts.

Selon lui, l'un des avantages à fermer ses pompes est qu'il lui reste plus de temps pour ses clients venus faire réparer leur voiture. o

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Selon un recensement effectué par la Régie de l'énergie du Québec, la part de marché de l'essencerie jumelée à un dépanneur a plus que doublé entre 1997 et 2010. Ce type de commerce représente dorénavant 72 % du marché et il s'y est vendu 84 % des volumes de carburant en 2010.

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