Hommage aux soldats Vincent et Cirillo

Une cérémonie particulière

Le lieutenant-colonel à la retraite Adrien Boivin était... ((Photo Rocket Lavoie))

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Le lieutenant-colonel à la retraite Adrien Boivin était l'invité d'honneur de la commémoration du jour du Souvenir à Bagotville. À 91 ans, le vétéran, qui a notamment participé au débarquement de Normandie, s'est exprimé d'une voix claire et solide.

(Photo Rocket Lavoie)

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Catherine Doré
Le Quotidien

(Chicoutimi) Le jour du Souvenir a été souligné de belle façon hier, à la Base des Forces canadiennes de Bagotville. Près de 800 militaires et 300 invités ont assisté à la cérémonie qui avait une signification particulière avec le récent décès de deux militaires à Ottawa et Saint-Jean-sur-Richelieu, mais aussi en raison du 100e anniversaire du début de la Première Guerre mondiale et du 70e du Débarquement de Normandie.

« Le jour du Souvenir revêt cette année une couleur particulière en raison des événements tragiques qui ont touché la communauté militaire. Je vous remercie de prendre le temps de vous souvenir avec nous de ceux qui nous ont quittés. »

« Je vous invite aussi à penser à ceux et celles qui portent l'uniforme aujourd'hui. Ils se donnent corps et âme pour défendre nos valeurs de démocratie, de paix et de liberté partout dans le monde et au pays », a mentionné le commandant de la base, le colonel Sylvain Ménard.

Après l'entrée en scène des drapeaux, le lieutenant-colonel à la retraite Adrien Boivin, vétéran de la Seconde Guerre mondiale, a pris la parole. D'une voix claire et sûre, l'homme de 91 ans s'est dit fier d'être à cette cérémonie. Il a souligné la mémoire de ses frères d'armes, et de ceux qui ont donné leur vie au nom de la paix. Il a parlé de « la très forte émotion » qui l'envahissait alors que le bateau dans lequel il prenait place s'approchait des côtes de la Normandie. Puis a cédé la parole au texte de Michel Gauvin, Sur la tombe d'un camarade.

Né à Kénogami en 1923, M. Boivin s'est engagé en 1938. Dès juillet 1944, M. Boivin a participé aux campagnes de Normandie, de France, de Belgique et de Hollande en tant que démineur. Il a été capturé en octobre de la même année par l'armée allemande pour être libéré deux semaines plus tard en Belgique. Il est rentré au Canada en 1946, où il a vaqué à d'autres occupations avant de reprendre du service comme réserviste.

Après la minute de silence, des dignitaires, accompagnés de militaires de la base, ont déposé tour à tour une couronne de fleurs sur le cénotaphe installé pour l'occasion. Des pensées ont été envoyées aux proches de l'adjudant Patrice Vincent et du caporal Nathan Cirillo.

« Pas à l'abri »

Rencontré après la cérémonie, le colonel Ménard a rappelé que le Canada doit continuer de défendre ses valeurs. « La paix est un mode de vie qui a été gagnée par le sang de nos vétérans. Au Canada, on n'est pas à l'abri de certains événements », a-t-il souligné, tout en rappelant l'importance d'honorer ceux qui ont porté - et qui portent aujourd'hui - l'uniforme.

De son côté, Adrien Boivin semblait serein. « Je n'ai pas pleuré, a-t-il dit, presque lui-même surpris. C'est toujours émouvant ce genre de cérémonies. Parfois dur, parfois triste. Ce qui est le plus difficile, c'est avec le temps, de voir combien d'anciens combattants disparaissent », s'est-il désolé.

Il s'est dit préoccupé par les attaques envers les militaires survenues il y a moins d'un mois. « Maintenant, la guerre, elle est partout. Il ne suffit que d'un homme qui place une bombe sous ses vêtements. Comment détecter une personne seule? »

« Ça me préoccupe, surtout lorsque l'on voit les jeunes qui sont impliqués », de conclure le vétéran.

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