Pour l'agriculteur Patrice Garneau

Pangea, une planche de salut

L'agriculteur Patrice Garneau et Serge Fortin de Pangea... ((Photo Gimmy Desbiens))

Agrandir

L'agriculteur Patrice Garneau et Serge Fortin de Pangea ont formé une coentreprise à Métabetchouan-Lac-à-la-Croix.

(Photo Gimmy Desbiens)

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Laura Lévesque
Le Quotidien

(MÉTABETCHOUAN-LAC-À-LA-CROIX) L'Union des producteurs agricoles (UPA) accuse Pangea de tuer l'agriculture traditionnelle. Mais pour Patrice Garneau, cette société lui a permis de concrétiser son rêve. Avoir sa propre ferme familiale.

En janvier 2014, le père de trois enfants est devenu officiellement propriétaire de l'entreprise ALY Blackburn de Métabetchouan-Lac-à-la-Croix. M. Garneau travaillait à cette ferme laitière depuis 12 ans, où il ne partageait aucun lien de parenté avec le propriétaire. Compte tenu de l'absence de relève familiale pour son propriétaire Yvon Blackburn, il tente l'aventure. Mais avec plusieurs obstacles, dont l'endettement élevé. Il s'est donc tourné vers Pangea.

Les deux parties ont formé une coentreprise pour l'exploitation des terres agricoles: les 600 acres de M. Garneau et quelque 1000 acres appartenant à Pangea. Selon ce modèle, l'agriculteur prend les décisions et est responsable des terres, où on cultive principalement des céréales. Pour sa part, Pangea fournit des ressources notamment financières et matérielles.

« Je viens du monde agricole. J'ai toujours voulu en faire ma vie », lance d'emblée le père de famille, rencontré sur la ferme située sur la route 169 à Métabetchouan-Lac-à-la-Croix.

« L'an dernier, je faisais le tour des banquiers. C'était une grosse dette pour me lancer là-dedans. Je me suis dit que ça me prendrait peut-être une aide supplémentaire. J'ai donc appelé moi-même Pangea pour voir comment on pourrait travailler ensemble et améliorer les choses. Parce que moi, j'étais parti pour vivre avec de l'endettement pour les 35 prochaines années de ma vie. Je voulais vivre de l'agriculture, mais bien en vivre aussi », pointe M. Garneau, qui demeure propriétaire de ses terres dans ce modèle de coentreprise créée par Pangea.

Les critiques contre Pangea, il les entend depuis plus d'un an. Des critiques formulées par ses propres pairs.

« Je pense que les gens n'ont pas tout à fait compris le modèle. Dans mon cas, il m'a grandement aidé. Si les gens le comprenaient davantage, peut-être qu'on critiquerait moins. C'est vraiment des coentreprises. Pangea amène des opportunités. Et grâce à ça, ma conjointe va pouvoir travailler avec moi. Sans Pangea, on n'aurait pas pu se donner deux salaires », constate M. Garneau.

Ancien propriétaire de la ferme ALY Blackburn, Yvon Blackburn estime que le modèle suivi par son successeur a ses avantages. Même qu'il a contribué au transfert.

« Je n'avais pas de relève familiale. Mais je voulais que la ferme continue. Un démantèlement, je n'aurais pas été capable de subir ça. J'ai une relève maintenant, et la plus belle que j'aurais pu avoir », dit-il, en parlant de Patrice Garneau, qui a l'agriculture « qui lui coule dans les veines ».

« Je crois qu'on a eu une bonne formule. Ça prenait ça pour faire le transfert. Les terres, c'est très dur à transférer, ce sont de grosses valeurs. Les critiques, on ne s'arrête plus à ça. Qu'on parle de nous en bien ou en mal, au moins ça prouve qu'on existe », exprime M. Blackburn, qui travaille toujours à la ferme qu'il a vendue.

Prix trop élevé?

Cofondé par l'entrepreneur agricole Serge Fortin et l'homme d'affaires natif de Chicoutimi, Charles Sirois, Pangea se défend de faire compétition aux agriculteurs de la région. Il y a deux semaines, un entrepreneur agricole a dénoncé dans plusieurs médias l'achat de 200 acres par la société à Métabetchouan-Lac-à-la-Croix. Ce dernier voulait acquérir les terres, mais son offre de 700 000 $ n'a pas été en mesure de battre celle de 750 000 $ de Pangea.

Un prix juste, selon la société qui détient près de 10 000 acres dans la région.

« On s'est fié sur la valeur agronomique. C'est une valeur qui se base sur le type de rendement qu'on peut avoir. Par exemple, il y a un micro climat ici. En septembre, il y a de la gelée partout au Québec. Ici, c'est un des seuls endroits où il n'y en a pas. Donc pour nous, ça a de la valeur. On a donc fait un prix en fonction du micro climat, mais aussi de la proximité avec notre coentreprise actuelle ». Précis Serge Fortin, cofondateur de Pangea.

Ces parcelles sont maintenant exploitées par la coentreprise de M. Garneau et la société.

« C'était naturel de faire une proposition d'achat. Ces terres se trouvent à la limite des miennes, je les connaissais. Elles me tenaient à coeur », ajoute Patrice Garneau, qui exploitera ces 200 acres supplémentaires.

Serge Fortin admet par ailleurs que Pangea s'est tenu loin de certaines terres à vendre, pour ne pas froisser davantage les agriculteurs.

« Il y a eu quatre autres terres à vendre dans la région qu'on aurait pu acheter. Et lorsqu'on a su que des agriculteurs souhaitaient les acheter, on a décidé de laisser faire. On n'a pas fait d'offres », confie-t-il.

Plus de 5 millions $ ont été dépensés dans la région cette année par Pangea. Le siège social de la société se trouve à Montréal, mais des retombées, il y en a au Saguenay-Lac-Saint-Jean, rappelle M. Fortin.

« En intrants qu'on a achetés, aux professionnels de la région, dont agronomes et notaires, aux infrastructures qu'on a construites, c'est plus de 5 millions $ qu'on a mis cette année ici. On investit dans la région, parce qu'on y croit », plaide M. Fortin.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer