Après 35 ans d'engagement syndical

Jean-Marc Crevier quitte la FTQ

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Un véritable coup de tonnerre a retenti dans le monde syndical régional, il y a quelques semaines, quand le porte-parole de la FTQ, Jean-Marc Crevier, a annoncé aux différentes instances de la centrale et à des militants de longue date qu'il quittait ses fonctions après 35 ans d'implication au sein du mouvement ouvrier.

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(Jonquière) Un véritable coup de tonnerre a retenti dans le monde syndical régional, il y a quelques semaines, quand le porte-parole de la FTQ, Jean-Marc Crevier, a annoncé aux différentes instances de la centrale et à des militants de longue date qu'il quittait ses fonctions après 35 ans d'implication au sein du mouvement ouvrier.

Des proches du leader syndical ont confirmé la nouvelle au Quotidien, la semaine dernière. Jean-Marc Crevier devait quitter un peu plus tôt, mais aurait décidé d'attendre la tournée provinciale du président de la centrale, Daniel Boyer, avant de tirer sa révérence officiellement.

Jean-Marc Crevier a fait ses premiers pas dans le mouvement syndical à l'intérieur des structures du Syndicat national des employés de l'aluminium d'Arvida (SNEAA). Il a rapidement gravi les échelons pour devenir président du syndicat des employés de métier. Après seulement 7 ans de militantisme, il est devenu représentant syndical libéré à temps complet pour oeuvrer aux relations de travail entre Alcan et les différentes accréditations syndicales.

C'est à titre de président de ce syndicat que Jean-Marc Crevier a commencé à se faire connaître des médias d'information de la région. Il formait à l'époque un redoutable duo en compagnie d'Alain Proulx avec qui il a ramené dans le discours syndical plus de fermeté et surtout contrer le président de la FSSA, Réjean Laforest, qu'ils ont largement contribué à défaire pendant un congrès de cette instance.

M. Crevier a finalement pris la direction du SNEAA, l'un des plus importants syndicats industriels du Québec. Alain Proulx occupait alors le secrétariat général de l'organisation.

Le même duo avait de plus interpellé le chef de l'Opposition péquiste Jacques Parizeau, à son retour en politique, pour le sensibiliser à toute la problématique de la production d'électricité versus la précarité de l'emploi au sein du complexe industriel d'Alcan.

Jean-Marc Crevier n'a pas mis de temps à graver son nom dans l'histoire du syndicalisme régional alors qu'il tentait de convaincre la société Alcan de l'importance de soutenir les emplois dans les usines. Devant le refus catégorique de l'employeur d'adhérer à cette vision plus sociale du partage du travail, le président du SNEAA déclenche une grève qui durera 11 jours, en 1995, et qui coûtera 118 M$ US à l'entreprise pour le redémarrage des cuves. Le métal avait gelé dans les installations. Le coût du conflit était supérieur aux demandes syndicales.

Ce premier affrontement entre l'équipe de Jean-Marc Crevier et la direction d'Alcan a eu pour conséquence de rétablir le rapport de force entre les parties. La multinationale a compris qu'elle avait intérêt à entendre le message syndical et surtout que la direction du SNEAA ne craignait pas d'utiliser les grands moyens. Ce qui devait donner lieu en 1998 à la plus longue entente patronale-syndicale de l'histoire de l'entreprise.

Le SNEAA, qui pavait la voie à tous les règlements chez Alcan, en arrivait à une entente sur la stabilité opérationnelle. Le pacte d'une durée de 18 ans constituait un autre moment important dans le domaine des relations industrielles dans la région. Les travailleurs avaient à l'époque appuyé à 94 % cette entente de principe.

La FSSA était devenue une fédération beaucoup trop petite pour affronter la mondialisation. Le début des années 2000 a amené les travailleurs d'Alcan à faire des choix quant à une affiliation. C'est bien connu que Jean-Marc Crevier et Alain Proulx avaient des atomes crochus avec la CSN en raison des positions plus à gauche de la centrale. Malgré ces positions personnelles, ils ont suivi le choix des travailleurs qui préféraient les TCA et la FTQ.

Le président du SNEAA a finalement pris la relève de Rodrigue Lessard qui occupait la fonction de représentant régional de la FTQ.

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