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Photojournalistes: condamnés à l'excellence

« On ne peut plus être médiocres, nous... ((Photo Jeannot Lévesque))

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« On ne peut plus être médiocres, nous sommes condamnés à être bons et à nous démarquer ». C'est en ces termes que le porte-parole du Zoom Photo Festival Saguenay, Martin Tremblay, directeur photo à La Presse, a cerné la profession de photojournaliste, hier, en conférence de presse, en présence d'une vingtaine de photographes.

(Photo Jeannot Lévesque)

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Roger Blackburn
Le Quotidien

(Chicoutimi) « On ne peut plus être médiocres, nous sommes condamnés à être bons et à nous démarquer ». C'est en ces termes que le porte-parole du Zoom Photo Festival Saguenay, Martin Tremblay, directeur photo à La Presse, a cerné la profession de photojournaliste, hier, en conférence de presse, en présence d'une vingtaine de photographes.

« Il y a 25 millions de photojournalistes-citoyens au Canada, c'est le nombre de téléphones intelligents muni d'un appareil photo en circulation au pays. Ils seront toujours là sur place pour la "lucky shot", ils font partie de la réalité. On ne peut pas gagner la course de la première photo », fait valoir le photographe en insistant sur le travail de qualité des photojournalistes professionnels.

« À Ottawa, le 22 octobre dernier, il y avait de 15 à 20 photographes professionnels sur place, et qui avait la photo? Un citoyen », met en relief Martin Tremblay en faisant référence à la photo du jeune soldat devant le cénotaphe 10 minutes avant sa mort. « Notre travail est différent, il faut aller sur le terrain et prendre le temps de saisir des situations et des événements. Les citoyens font des images et nous on fait des photos », résume-t-il.

L'arrivée de la photo numérique, la disparition des grands médias, la fin du papier pour les journaux, le nombre incroyable d'images publiées sur les réseaux sociaux par les photographes amateurs de partout dans le monde soulèvent les passions chez les photographes professionnels qui ne s'expriment pas seulement avec des photos.

« Ça coûte 100 millions $ par année pour imprimer et distribuer le journal La Presse. Le papier va disparaître, c'est inévitable, l'important c'est d'avoir quelque chose pour montrer nos photos. Aujourd'hui, c'est une tablette électronique, dans dix ans, on ne sait pas ce que ce sera, mais il y aura toujours quelque chose », a lancé Jacques Nadeau, photographe au journal Le Devoir et habitué du Festival Zoom Photo.

Le directeur photo de La Presse, Martin Tremblay, a confirmé que La Presse avait l'intention d'abandonner l'édition papier en 2016, ajoutant que la version électronique de La Presse + offrait une place beaucoup plus importante à la photo que la version papier.

« Pour un coût zéro, nous pouvons publier le nombre de photos qu'on veut. En septembre, nous avons publié un numéro spécial photos avec La Presse + et nous avons fracassé des records de lecture et de temps passé devant l'écran », a fait savoir le porte-parole du festival.

Depuis l'avènement de La Presse +, l'équipe de photo et vidéo de La Presse est passée de 11 à 40 personnes. « La photo et la vidéo occupent une place très importante dans ce nouveau modèle de médias. Nous avons 14 photographes, huit vidéastes, deux studios et trois éditeurs photos qui choisissent les photos que nous publions », explique Martin Tremblay.

Les photographes professionnels sont conscients que les citoyens font des images alors qu'eux font de la photo, mais les photos des citoyens occupent de plus de place dans l'univers numérique et dans les réseaux sociaux.

« L'avantage d'un événement comme Zoom Photo Festival, c'est le recul qu'on s'offre en regardant des photos en grand format. Nous sommes bombardés de millions de photos quotidiennement avec le monde numérique. On les regarde rapidement et on les voit passer. Ce qui se passe ici à Saguenay, c'est la meilleure nouvelle au Canada depuis les 50 dernières années pour la photo et les photographes », assure le porte-parole de l'événement.

World press photo

L'exposition du World Press Photo, l'activité vedette du Zoom Photo Festival, a accroché ses images dans l'enceinte de la Pulperie. « L'essentiel, dans une exposition comme le World Press Photo, c'est de relier les gens. C'est la volonté mondiale de se connecter ensemble, c'est plus que des images de guerre, ce sont des émotions qui sont exposées. Que les gens soient heureux, tristes, inquiets, choqués ou optimistes, ceux qui vont venir ici vont voir un travail destiné à connecter les gens», a exprimé Sander Zwart, représentant du World Press Photo. « En 2014, nous avons reçu plus de 100 000 images de 132 pays pour notre concours », a rappelé cet anglophone qui s'est exprimé en français devant les médias et photographes présents lors de la conférence de presse d'hier matin.

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